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Critique
Encore des transfuges comiques TV, du fameux élevage "esprit Canal+", mais cette fois l'a priori est plutôt positif au moment de découvrir le premier film de Nicolas et Bruno, auteurs du Message à caractère informatif, ces spots d'entreprises ringards détournés par le doublage, à la fin de la grande période Nulle Part ailleurs, il y a 10 ans déjà ("c'était vraiment très intéressant" cette phrase d'intro trop longue). La promotion axée toute entière sur le personnage fictif de Gilles Gabriel, chanteur ringard des années 80 sur le retour, était plutôt réussie, notamment grâce au clip Flou de toi, irrésistible parodie digne des grandes heures des Nuls. Paradoxalement, cette campagne virale joue contre le film, qui tourne autour d'un autre personnage, plus proche des petites vidéos de la COGIP, Jean-Christian Ranu, comptable à la Défense, qui à la suite d'un accident se retrouve avec Gabriel dans la tête, littéralement.
Le concept de la voix off perpétuelle est casse-gueule au possible. Récemment, le Stranger than fiction de Marc Forster savait s'en arranger en multipliant les rebondissements, les personnages, et même les genres. Le gros problème de cette Personne aux 2 personnes est là : on a l'impression d'un dialogue sans fin, à peine aéré par quelques passages avec de trop rares protagonistes extérieurs. On en vient même à apprécier chaque intervention de Marina Foïs, qui a pourtant un rôle assez pauvre.
Les deux compères réalisateurs n'ont pas perdu la main en ce qui concerne les dialogues et les situations décalées, et leur vision de la COGIP est enrichie par les décors de la Défense, même si on y perd en kitsch. L'anachronisme et la ringardise de Ranu en sont d'autant plus appuyés, et, malgré un Auteuil qui se lâche sans honte, on finit par se désintéresser de ce personnage de loser trop chargé.
Le concept dépassant les péripéties, on a l'impression d'un empilement mal rythmé de sketchs plus ou moins faibles. Des séquences trop courtes et anodines, limitées à une idée à faire passer, alternent avec d'autres plus pensées comme les petits modules d'autrefois. Le film reste sympathique et amusant, mais quand il saborde dans son dernier tiers son argument fantastique, l'intérêt s'émousse franchement. Sans compter que laisser un acteur comique tel qu'Alain Chabat dans l'ombre est une fausse bonne idée sacrément frustrante...
La Personne aux 2 personnes se repose trop sur ses idées et son décorum presque martelés, alors que la narration est à la peine... Le film contient cependant de nombreux moments savoureux, mais il faudra sur le prochain que Nicolas et Bruno se penchent sur une écriture plus cinématographique afin de livrer une oeuvre plus incarnée.
Le concept de la voix off perpétuelle est casse-gueule au possible. Récemment, le Stranger than fiction de Marc Forster savait s'en arranger en multipliant les rebondissements, les personnages, et même les genres. Le gros problème de cette Personne aux 2 personnes est là : on a l'impression d'un dialogue sans fin, à peine aéré par quelques passages avec de trop rares protagonistes extérieurs. On en vient même à apprécier chaque intervention de Marina Foïs, qui a pourtant un rôle assez pauvre.
Les deux compères réalisateurs n'ont pas perdu la main en ce qui concerne les dialogues et les situations décalées, et leur vision de la COGIP est enrichie par les décors de la Défense, même si on y perd en kitsch. L'anachronisme et la ringardise de Ranu en sont d'autant plus appuyés, et, malgré un Auteuil qui se lâche sans honte, on finit par se désintéresser de ce personnage de loser trop chargé.
Le concept dépassant les péripéties, on a l'impression d'un empilement mal rythmé de sketchs plus ou moins faibles. Des séquences trop courtes et anodines, limitées à une idée à faire passer, alternent avec d'autres plus pensées comme les petits modules d'autrefois. Le film reste sympathique et amusant, mais quand il saborde dans son dernier tiers son argument fantastique, l'intérêt s'émousse franchement. Sans compter que laisser un acteur comique tel qu'Alain Chabat dans l'ombre est une fausse bonne idée sacrément frustrante...
La Personne aux 2 personnes se repose trop sur ses idées et son décorum presque martelés, alors que la narration est à la peine... Le film contient cependant de nombreux moments savoureux, mais il faudra sur le prochain que Nicolas et Bruno se penchent sur une écriture plus cinématographique afin de livrer une oeuvre plus incarnée.


