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Martyrs
Critique
Précédé de rumeurs d'interdiction aux mineurs un temps accolée au film par la commission de censure, puis d'un "haro sur le baudet" collectif de la part de la critique française (on n'avait plus vu cela depuis "Les bronzés 3"), "Martyrs" aura fait couler beaucoup d'encre, souvent pour dire tout et n'importe quoi, d'ailleurs. Film unique, se démarquant nettement de tout ce qui a jamais été produit dans le cinéma français, "Martyrs" se distingue certes par son approche frontale d'une thématique dérangeante, au point d'avoir été souvent perçu par la critique comme un simple catalogue de sévices infligés à de jolies femmes.
Mais les plus brillantes qualités du film de Pascal Laugier se situent ailleurs que dans la violence. Si le film enchaîne bien les scènes de torture avec régularité, il ne suit cependant pas une structure classique de crescendo, où chaque horreur infligée est pire que la précédente jusqu'à finalement arriver à un paroxysme, souvent ridicule par ses excès. Au contraire, Laugier opte pour une structure prenant le contre-pied de ce à quoi on aurait pu s'attendre, la forme du film semble évoluer, l'histoire de vengeance se mue en affaire de tueuse hantée par son passé, avant de prendre la forme d'un huis clos à suspense, et ainsi de suite. Intellectualisant peu à peu son propos (comme "Saint-Ange" le faisait déjà avant lui), "Martyrs" devient quasi-expérimental, constamment surprenant, n'essayant jamais d'effrayer le spectateur, mais de le faire réfléchir quant au pouvoir de la représentation de la violence, à la façon d'un "Salò" (Pasolini), du court "Aftermath" (Cerdà) ou d'"Irréversible" (Noé).
Alors certes, le film de Laugier est maladroit, et la quasi-intégralité de la critique lui est tombé dessus en criant à la prétention; mais il faut garder à l'esprit que "Martyrs" est un deuxième film. Un putain de deuxième film viscéral, à rapprocher d'avantage d'œuvres étranges et originales telles que "Nekromantik" ou "Guinea Pig" qu'aux habituels "A l'intérieur" ou "Frontière(s)" auxquels on l'accole toujours dans les papiers des journaleux.
Mais les plus brillantes qualités du film de Pascal Laugier se situent ailleurs que dans la violence. Si le film enchaîne bien les scènes de torture avec régularité, il ne suit cependant pas une structure classique de crescendo, où chaque horreur infligée est pire que la précédente jusqu'à finalement arriver à un paroxysme, souvent ridicule par ses excès. Au contraire, Laugier opte pour une structure prenant le contre-pied de ce à quoi on aurait pu s'attendre, la forme du film semble évoluer, l'histoire de vengeance se mue en affaire de tueuse hantée par son passé, avant de prendre la forme d'un huis clos à suspense, et ainsi de suite. Intellectualisant peu à peu son propos (comme "Saint-Ange" le faisait déjà avant lui), "Martyrs" devient quasi-expérimental, constamment surprenant, n'essayant jamais d'effrayer le spectateur, mais de le faire réfléchir quant au pouvoir de la représentation de la violence, à la façon d'un "Salò" (Pasolini), du court "Aftermath" (Cerdà) ou d'"Irréversible" (Noé).
Alors certes, le film de Laugier est maladroit, et la quasi-intégralité de la critique lui est tombé dessus en criant à la prétention; mais il faut garder à l'esprit que "Martyrs" est un deuxième film. Un putain de deuxième film viscéral, à rapprocher d'avantage d'œuvres étranges et originales telles que "Nekromantik" ou "Guinea Pig" qu'aux habituels "A l'intérieur" ou "Frontière(s)" auxquels on l'accole toujours dans les papiers des journaleux.


