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Critique
S'il fallait ne retenir qu'un segment du projet 'Grindhouse', et à la surprise générale, le "Planète Terreur" du père Rodriguez l'emporterait sans doute. En effet, l'esprit branque des B movies made in 70's y parait d'avantage respecté, les règles formelles sont identiques (bobine manquante, images scratchées...), et au final l’hommage se révèle plus fidèle, moins poseur que le "Boulevard de la Mort" de Tarantino, dont l'erreur principale aura été de sublimer son matériau, de l’'abstractiser' presque, et goguenardement.
Riche d'un casting en tous points parfait, Rodriguez opte pour le film gore de contamination, à tendance zombie. Mini-mafia à deux balles, CIA de pacotille, armée obscure et dégénérée, police abrutie, losers latinos zonant dans les dinners, toubibs, bimbos, moustaches, gaz putride expérimental et zombis bien dégueu : tous les ingrédients sont à l’appel, et talentueusement assemblés encore, comme dans le meilleur des pastiches.
Révérencieux et ironique à la fois (aaah, ce gag du mini-bike !!!), Rodriguez réussit son devoir à merveille : outrance du dialogue et des situations, dilatation dramatique (aaah, la scène où le toubib tente d’anesthésier sa femme !!!), classicisme de la topologie (hopital / dinner / base militaire / poste du shérif) et de la narration du Genre (aaah, ces tunnels explicatifs aux petits oignons !!!), effets sonores et musicaux (aaah, ces extraits empruntés à Big John Carpenter !!!)...
Bref, si l’affaire est du même tonneau bio-hazardeux que le déjà très amusant "Horribilis" de James Gunn, il se révèle vite plus radical, et, fatalement, bien meilleur. Entre allégeance au gore rital (plusieurs plans ouvertement Fulciens) et respects déposés aux pieds des flesh-eateries apocalyptiques du pape Romero, le film distille régulièrement un sado-masochisme revigorant, piqué d’un fétichisme volontiers noir, mutilant, ouvertement paranoïaque et extrême. Digne d'un Brian Yuzna. Ou d'un Carpenter, tendance western vampirique.
Riche d'un casting en tous points parfait, Rodriguez opte pour le film gore de contamination, à tendance zombie. Mini-mafia à deux balles, CIA de pacotille, armée obscure et dégénérée, police abrutie, losers latinos zonant dans les dinners, toubibs, bimbos, moustaches, gaz putride expérimental et zombis bien dégueu : tous les ingrédients sont à l’appel, et talentueusement assemblés encore, comme dans le meilleur des pastiches.
Révérencieux et ironique à la fois (aaah, ce gag du mini-bike !!!), Rodriguez réussit son devoir à merveille : outrance du dialogue et des situations, dilatation dramatique (aaah, la scène où le toubib tente d’anesthésier sa femme !!!), classicisme de la topologie (hopital / dinner / base militaire / poste du shérif) et de la narration du Genre (aaah, ces tunnels explicatifs aux petits oignons !!!), effets sonores et musicaux (aaah, ces extraits empruntés à Big John Carpenter !!!)...
Bref, si l’affaire est du même tonneau bio-hazardeux que le déjà très amusant "Horribilis" de James Gunn, il se révèle vite plus radical, et, fatalement, bien meilleur. Entre allégeance au gore rital (plusieurs plans ouvertement Fulciens) et respects déposés aux pieds des flesh-eateries apocalyptiques du pape Romero, le film distille régulièrement un sado-masochisme revigorant, piqué d’un fétichisme volontiers noir, mutilant, ouvertement paranoïaque et extrême. Digne d'un Brian Yuzna. Ou d'un Carpenter, tendance western vampirique.


