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Critique
Secrets de famille, fils banni, mère malade, fille perdue, et fêtes de fin d'année, et réunion de nombreux personnages, et traumas en tous genres, n'en jetez plus, Un Conte de Noël a apparemment tout contre lui dans le registre du film choral à la française, fort représenté ces dernières années, toujours pour le pire. Ce serait sans compter sur l'un des seuls (le seul ?) réalisateur contemporain de l'hexagone à pouvoir encore transcender les vieilles formules. Arnaud Desplechin est à la manoeuvre, et avec lui sa fine équipe d'interprètes, enrichie encore de quelques nouveaux membres, au diapason de l'ancienne garde.
Un Conte de Noël est dans la grande tradition d'un cinéma français littéraire, un cinéma de personnages. Le prologue les présentant est d'une brillance rare, sans cesse sur la corde raide entre l'invention et la pose, d'une efficacité qui n'aurait rien à envier à celle de l'entertainement américain, mais qui crée son propre rythme, serein, alerte, cassé, renouvelé, sans cesse. Après Rois et reine Mathieu Amalric est à nouveau impérial dans ce rôle de fils honni, dans l'exubérance qui réussit tant à l'acteur, il parvient à être à la fois repoussant et totalement attendrissant. La magique alchimie de 3 heures de réunion familiale qui passent sans crier gare est toute entière dans le savant dosage entre l'excellence des dialogues, à peine surécrits par moment, une direction d'acteurs incroyable et une réalisation bien présente, une réelle mise en scène de l'espace et des corps, chose plutôt rare dans le cinéma français.
Défaut et qualité à la fois, si le film touche, émeut, fait rire ou bouleverse, c'est avant tout sur la scène, la séquence. Leur addition romanesque ne provoquera pas la dramaturgie attendue, la tragédie omnipotente de cette histoire de greffe(s); celle-ci est sous-jacente, entre les lignes, paradoxalement d’une façon parfois un peu trop poussée pour ne pas paraître un peu artificielle. Encore une fois une lettre est importante, et les mots omniprésents sans qu'on ait l'impression d'un film trop bavard. Le chapitrage donne un semblant de structure rigide à un film plutôt volatil, qui à force d'aller à contre-courant des attentes finit par légèrement indifférer sur sa conclusion, au point de lui pardonner la facilité du happy end déclamé. On pourrait facilement dire de ce Conte de Noël qu'il est trop littéraire, comme l'on dit d'un film qu'il est trop visuel ou sonore, trop "clipesque". C'est ce qui le dessert sur la durée, mais le cinéma n’étant jamais oublié, Roubaix (sous-titre incongru du film) vaut le déplacement même si l’expérience a moins valeur d'électrochoc que son Rois et reine.
Un Conte de Noël est dans la grande tradition d'un cinéma français littéraire, un cinéma de personnages. Le prologue les présentant est d'une brillance rare, sans cesse sur la corde raide entre l'invention et la pose, d'une efficacité qui n'aurait rien à envier à celle de l'entertainement américain, mais qui crée son propre rythme, serein, alerte, cassé, renouvelé, sans cesse. Après Rois et reine Mathieu Amalric est à nouveau impérial dans ce rôle de fils honni, dans l'exubérance qui réussit tant à l'acteur, il parvient à être à la fois repoussant et totalement attendrissant. La magique alchimie de 3 heures de réunion familiale qui passent sans crier gare est toute entière dans le savant dosage entre l'excellence des dialogues, à peine surécrits par moment, une direction d'acteurs incroyable et une réalisation bien présente, une réelle mise en scène de l'espace et des corps, chose plutôt rare dans le cinéma français.
Défaut et qualité à la fois, si le film touche, émeut, fait rire ou bouleverse, c'est avant tout sur la scène, la séquence. Leur addition romanesque ne provoquera pas la dramaturgie attendue, la tragédie omnipotente de cette histoire de greffe(s); celle-ci est sous-jacente, entre les lignes, paradoxalement d’une façon parfois un peu trop poussée pour ne pas paraître un peu artificielle. Encore une fois une lettre est importante, et les mots omniprésents sans qu'on ait l'impression d'un film trop bavard. Le chapitrage donne un semblant de structure rigide à un film plutôt volatil, qui à force d'aller à contre-courant des attentes finit par légèrement indifférer sur sa conclusion, au point de lui pardonner la facilité du happy end déclamé. On pourrait facilement dire de ce Conte de Noël qu'il est trop littéraire, comme l'on dit d'un film qu'il est trop visuel ou sonore, trop "clipesque". C'est ce qui le dessert sur la durée, mais le cinéma n’étant jamais oublié, Roubaix (sous-titre incongru du film) vaut le déplacement même si l’expérience a moins valeur d'électrochoc que son Rois et reine.


