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Critique
Question : la poésie est-elle filmable ? Avec "Nouvelle Vague", on serait tenté de répondre "oui", sans réserve.
Autant le dire d'emblée : ce film fait partie de la veine introspective (d'aucuns diront "hermétique") de Godard, c'est-à-dire celle qu'il semble désormais privilégier, depuis son grand retour au cinéma, à l'orée des années 80 (avec "Sauve qui peut (la vie)", en 1979), après une longue parenthèse vidéo plus ou moins clandestine (en tout cas underground) dans les années 70.
Introspectif ou hermétique, dans le fond, peu importe : "Nouvelle Vague" est, donc, avant tout poétique, servi par la beauté des images et du son (chose suffisamment rare pour qu'on le souligne). L'eau, le vent dans les arbres... filmés ici comme si c'était la première et l'ultime fois, concourent à faire de ce film une véritable oeuvre d'art, au sens strict du terme, c'est-à-dire une oeuvre à contempler, à admirer, une oeuvre qui donne à voir le beau.
La présence d'Alain Delon (ange déchu, tragique... à un personnage qui lui demande ce qu'il fait là, Delon répond : "Je fais pitié"...) est, bien sûr, pour beaucoup dans l'intérêt du film. Mais au-delà, "Nouvelle Vague" traverse le temps sans difficulté : il est de ces oeuvres intemporelles, ou plutôt atemporelles. C'est le propre de la poésie. Il n'y a pas grand chose à en dire, réellement : juste se laisser porter par la beauté plastique du film.
Bien entendu, cela demande un effort de concentration. Il faut "vouloir" entrer dans le film, en accepter la forme nouvelle, qui peut rebuter au départ. Il faut accepter une perte quasi-totale de tout repère.
Mais si le spectateur intègre sans réticence ce parti pris, s'il fait confiance à Godard et à son sens de la poésie, alors il sera récompensé : il verra, il percevra des moments de pure grâce, des moments que seul l'art peut offrir. C'est souvent vrai avec la peinture ou la musique. Mais quand, soudain, ça l'est aussi avec le cinéma, c'est alors très émouvant que d'y assister.
Autant le dire d'emblée : ce film fait partie de la veine introspective (d'aucuns diront "hermétique") de Godard, c'est-à-dire celle qu'il semble désormais privilégier, depuis son grand retour au cinéma, à l'orée des années 80 (avec "Sauve qui peut (la vie)", en 1979), après une longue parenthèse vidéo plus ou moins clandestine (en tout cas underground) dans les années 70.
Introspectif ou hermétique, dans le fond, peu importe : "Nouvelle Vague" est, donc, avant tout poétique, servi par la beauté des images et du son (chose suffisamment rare pour qu'on le souligne). L'eau, le vent dans les arbres... filmés ici comme si c'était la première et l'ultime fois, concourent à faire de ce film une véritable oeuvre d'art, au sens strict du terme, c'est-à-dire une oeuvre à contempler, à admirer, une oeuvre qui donne à voir le beau.
La présence d'Alain Delon (ange déchu, tragique... à un personnage qui lui demande ce qu'il fait là, Delon répond : "Je fais pitié"...) est, bien sûr, pour beaucoup dans l'intérêt du film. Mais au-delà, "Nouvelle Vague" traverse le temps sans difficulté : il est de ces oeuvres intemporelles, ou plutôt atemporelles. C'est le propre de la poésie. Il n'y a pas grand chose à en dire, réellement : juste se laisser porter par la beauté plastique du film.
Bien entendu, cela demande un effort de concentration. Il faut "vouloir" entrer dans le film, en accepter la forme nouvelle, qui peut rebuter au départ. Il faut accepter une perte quasi-totale de tout repère.
Mais si le spectateur intègre sans réticence ce parti pris, s'il fait confiance à Godard et à son sens de la poésie, alors il sera récompensé : il verra, il percevra des moments de pure grâce, des moments que seul l'art peut offrir. C'est souvent vrai avec la peinture ou la musique. Mais quand, soudain, ça l'est aussi avec le cinéma, c'est alors très émouvant que d'y assister.


