Sicko

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19 sep. 2007 Par pulp-pl Star Rating 4

 

Les Etats-Unis n’ont pas le meilleur système de santé du monde. Après l’injustement palmé Fahrenheit 9/11, c’est donc logiquement au système de santé américain que Michael Moore a décidé de s’attaquer.
Dans une première partie plutôt réussie, Michael Moore nous propose de constater les dégâts : il tire un horrible bilan des soins dispensés de l’autre côté de l’Atlantique en s’appuyant sur des témoignages captivants et un peu tire-larmes. A un rythme effréné et avec un humour noir bienvenu, Moore – même s’il n’évite pas la caricature – explique clairement ce qu’il va critiquer dans son film : l’action des compagnies d’assurances, constamment à la recherche d’un prétexte pour ne pas rembourser les soins, et la corruption des hommes politiques, achetés par ces compagnies pour que les choses n’évoluent pas.
Parce que c’est toujours mieux chez le voisin, le réalisateur s’expatrie à l’étranger dans la seconde partie de son film, où il vante les systèmes canadiens et anglais (où les médecins sont plus humains et les soins sont gratuits). Là où ça coince, c’est lorsque Moore commence à présenter la France comme le meilleur pays du monde. Car chez nous, les médicaments, les facultés et les crèches sont gratuits, les hôpitaux acceptent tout le monde et les français ont une grande liberté d’expression. Ce qu’il y a de dérangeant dans Sicko, c’est que Michael Moore choisit ce qu’il va montrer et ce qu’il va cacher. Ainsi, il ne nous parle jamais des difficultés rencontrées pour trouver une place en crèche pour son enfant, du gigantesque trou de la sécurité sociale et du temps qu’il faut pour que les manifestations aboutissent à quelque chose, et le réalisateur choisi délibérément un couple de bobos parisiens afin de représenter les français en général. Cette vision idyllique de la France nuit gravement à la crédibilité de son message.
Comme toujours chez Michael Moore, il y a à prendre et à laisser dans Sicko : le nouveau film du réalisateur de Bowling for Columbine, plus proche du bourrage de crâne que du documentaire, n’est pas toujours crédible mais fait preuve de qualités cinématographiques indéniables. Sicko est donc un film bourré de bonnes idées, souvent drôle et plutôt bien rythmé, mais dont le message passe plutôt mal, la faute à un manichéisme permanent et à un manque d’objectivité évident de la part du réalisateur.


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

Sicko

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