Ne vous retournez pas

Don't look now / A Venezia... un dicembre rosso shocking

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09 juil. 2012 Par jawssm Star Rating 6

 

Nicolas Roeg est un artisan un peu oublié aujourd'hui du cinéma fantastique, dont le vrai succès eut lieu lorsqu'il fit jouer le mythe Bowie dans "l'Homme qui venait d'ailleurs", brillante parabole sur le pouvoir et la différence. Dans le présent film, le réalisateur dévoile un scénario vaporeux, distillant ici et là la poésie et le surréalisme qui caractérisent depuis son œuvre à travers une magnifique photographie signée par l'inégal Anthony B. Richmond (The Indian runner). Adapté du roman éponyme de Daphné du Maurier, Roeg installe une atmosphère lourde de menace dans la vieille Venise, idéalement filmée sous toutes ses coutures, faisant passer la cité des Doges pour le quartier de Whitechapel à travers une série de meurtres a priori sans lien avec les tourments du couple vedette. En effet, l'introduction suffocante y montre la noyade accidentelle d'un de leurs enfants, l'interprétation de Sutherland étant à ce titre déchirante de crédibilité. Sans céder à un pathos exacerbé, la machinerie implacable du script peut commencer. Difficile après de s'intéresser à autre chose qu'au deuil contenu et au chagrin pathologique traversé par Julie Christie et le héros de Mash, mais ce n'est pas le sujet principal du film, lequel préfère faire naître des visions (une procession funèbre fluviale lourde de sens) et d’autres pistes (le fameux ciré rouge) afin de lui rappeler la défunte. D'ailleurs, une rencontre au restaurant va bouleverser le fragile équilibre mental du couple à travers deux touristes anglaises dont l'une a visiblement des dons de voyance, persuadant intimement l'héroïne que sa fille est présente à ses côtés. Un chamboulement psychologique forcément tenace, déroulant son lot de fausses pistes et d'hallucinations mues par le rejet de la disparition de l'être cher mais au déroulement languissant qui peut volontiers décontenancer. La conclusion, terrifiante n'apportera que peu de réponses mais plutôt un étourdissant moment de peur à l'aura fantastique que n'aurait pas renié un Dario Argento. A signaler une étrange et osée scène de sexe, à la durée cossue, ayant pas mal choqué à sa sortie, le souvenir du "Dernier tango à Paris" ayant bien imprégné les rétines de la fragile et délicate critique européenne.


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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