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Critique
NELLY ET MONSIEUR ARNAUD, c’est la rencontre de deux solitudes, c’est l’histoire simple d’un retraité aisé, ancien magistrat devenu homme d'affaires, qui emploie à domicile une jeune femme pour taper les notes de ses mémoires. Nelly se sent mal dans sa peau. Elle n’aime plus son mari qui se complaît paresseusement dans sa situation de chômeur tandis qu’elle accumule les petits boulots pour honorer leurs factures. Divorcé, voyant rarement ses enfants, Pierre Arnaud s’ennuie seul dans son vaste appartement envahi par les livres. Sa tranquille existence n’est animée que par la courte visite hebdomadaire d’un curieux bonhomme drapé dans son long imperméable et coiffé d’un feutre gris.
Claude Sautet filme avec délicatesse la naissance de cette relation rare et intense entre la jeune femme renfermée, désabusée et en plein doute et le difficile Pierre Arnaud, un érudit tatillon et solitaire. Le cinéaste capte magnifiquement leur intimité ambiguë qui mêle travail, amitié et amour, si platonique et impossible soit-il. Pour cela, il mise sur la complicité duelle de ses comédiens, sur leur forte personnalité et leur magnétisme devant la caméra. Ainsi, il parvient à dégager une réelle intensité de chaque instant. Michel Serrault, à la fois grave, bougon et généreux donne la réplique à une Emmanuelle Béart, belle, triste, secrète et effrontée. Entre amusement, émotion et tension, chacun d’eux tente, à sa manière, de se reconstruire à travers la présence de l’autre, même si l’écart entre les générations agit tel une barrière virtuelle, surtout pour elle, évidemment.
Sautet montre aussi avec pudeur et retenue la douleur qui anime ces deux êtres et leur désir de vivre autre chose. Elle met un terme à son mariage et vit un début d’idylle avec un homme qu’elle pourrait aimer tandis qu’il souhaite publier un ouvrage sur son expérience de juge dans les colonies. Le cinéaste illustre aussi formellement cette volonté en multipliant les plans où l’on voit symboliquement le dos de la silhouette de Nelly ou de M. Arnaud se refléter dans un miroir, comme pour laisser le passé en retrait. La musique discrète d’Alain Sarde berce les conversations et éclaire cet amour fantasmé lorsque M. Arnaud s’approche de son hôte d’un soir venue lui demander le gîte et feint de lui caresser le dos nu. L'œuvre se conclut brutalement, dans une tristesse insondable, un malaise qui, inexplicablement, nous parcourt alors tout entier. Oui, NELLY ET MONSIEUR ARNAUD est un chef d’œuvre. C’est ainsi.
Claude Sautet filme avec délicatesse la naissance de cette relation rare et intense entre la jeune femme renfermée, désabusée et en plein doute et le difficile Pierre Arnaud, un érudit tatillon et solitaire. Le cinéaste capte magnifiquement leur intimité ambiguë qui mêle travail, amitié et amour, si platonique et impossible soit-il. Pour cela, il mise sur la complicité duelle de ses comédiens, sur leur forte personnalité et leur magnétisme devant la caméra. Ainsi, il parvient à dégager une réelle intensité de chaque instant. Michel Serrault, à la fois grave, bougon et généreux donne la réplique à une Emmanuelle Béart, belle, triste, secrète et effrontée. Entre amusement, émotion et tension, chacun d’eux tente, à sa manière, de se reconstruire à travers la présence de l’autre, même si l’écart entre les générations agit tel une barrière virtuelle, surtout pour elle, évidemment.
Sautet montre aussi avec pudeur et retenue la douleur qui anime ces deux êtres et leur désir de vivre autre chose. Elle met un terme à son mariage et vit un début d’idylle avec un homme qu’elle pourrait aimer tandis qu’il souhaite publier un ouvrage sur son expérience de juge dans les colonies. Le cinéaste illustre aussi formellement cette volonté en multipliant les plans où l’on voit symboliquement le dos de la silhouette de Nelly ou de M. Arnaud se refléter dans un miroir, comme pour laisser le passé en retrait. La musique discrète d’Alain Sarde berce les conversations et éclaire cet amour fantasmé lorsque M. Arnaud s’approche de son hôte d’un soir venue lui demander le gîte et feint de lui caresser le dos nu. L'œuvre se conclut brutalement, dans une tristesse insondable, un malaise qui, inexplicablement, nous parcourt alors tout entier. Oui, NELLY ET MONSIEUR ARNAUD est un chef d’œuvre. C’est ainsi.


