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Critique
Monsieur Bruce Willis, star et producteur d'un film d'otages. Sur le papier, cela sent son petit remake de Die Hard. Surtout quand la note d'intention nous entonne un petit air charmeur du style : "Le grand retour de Bruce dans un film d'action violent et sans concessions". A priori, on peut craindre le pire (style Color of Night ou Piège en Haute Mer), comme le meilleur (les Die Hard cités plus haut, malheureusement souvent imités, mais jamais égalés). Et si on en vient à résumer le scénario (ce que je vais bien me garder de faire), on entrerait presque dans la salle à reculons. Mais ce qui fait un bon film de Bruce Willis c'est forcément le metteur en scène. Donnez lui un Tarantino, donnez lui un Gilliam, un McTiernan, et le petit Bruce fait des miracles. Dans le cas d'Otage c'est le courageux Florent Emilio Siri, qui, pour son second film après l'excellent Nid de Guêpes (loué ailleurs sur ce site), joue son droit d'entrée à Hollywood en emballant un superbe écrin pour ce cher monsieur Willis.
Otage réserve donc tout ce qu'il faut en matière de suspens, d'action, de bons sentiments, d'invraisemblances énormes et de méchants très méchants (en particulier un acteur de Six Feet Under, inattendu mais très crédible, dans le rôle du super psychopathe indestructible). Néanmoins et malgré toute la virtuosité de Siri, le film manque parfois un peu d'énergie. En particulier dans sa première moitié, où Bruce passe plus de temps à passer et recevoir des coups de téléphone qu'à distribuer des mandales. D'ailleurs, signe des temps ? Bruce dégaine moins souvent et préfère la discussion (son personnage est un négociateur) plutôt que la manière forte. Même si la dernière demi-heure d'Otage offre de grands instants de pyrotechnie, le film est plutôt fondé sur une tension en retrait, qui ne tient la route que par la force de la mise en scène et le jeu d'un Bruce Willis de plus en plus crédible.
Même si Otage pourra décevoir les plus bourrins d'entre vous (le film est moins percutant que le très brutal Nid de Guêpes) et qu'il s'adresse en priorité à ceux qui apprécient Bruce, certaines scènes sont extrêmement réussies. Notamment tout le crescendo final, d'une grande violence, et doté de quelques belles idées propres à surprendre le spectateur, qui pourtant connaît tout cela par coeur. Bref, du divertissement délicieusement "ficelé", ce qui est très à propos vu les quelques jolies images de bondage qui parsèment l'oeuvre (à bon entendeur...).


