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L'Enfer
Critique
La première heure de L'Enfer est réellement remarquable en ce qu'elle touche à l'universel en explorant les thèmes du doute et du mensonge au sein du couple.
Notre place de simple observateur est quelque peu bousculée par le fait que l'on ne peut que se reconnaître dans le raisonnement et les réactions de Paul, ce mari aimé, aimant et pourtant en proie au doute.
On compare nos actions potentielles à celles avérées de cet homme perturbé, on le juge, on se juge, on est concerné.
Et Chabrol de jouer intelligemment avec les outils du cinéma (les visions paranoïaques ou fantasmées de Paul) pour nous séduire, nous confondre et nous mettre mal à l'aise.
La démarche mêle subtilement forme et fond et le tout fonctionne très bien. Le malaise est palpable.
Puis le récit se fige, le temps se ralenti, la géographie est resserrée et se met en place un huis clos désespérant, redondant et éprouvant (dans le bon comme dans le mauvais sens du terme).
L'histoire perd l'universalité qui faisait sa force dès lors que Paul sombre dans la démence et devient outrageusement antipathique. Les images se heurtent au verbiage.
La prestation de Cluzet, jusqu'alors épatant, donne l’impression d’un cabotinage théâtral qui tend neutraliser la puissance évocatrice du film.
Il n'empêche que L'Enfer reste, malgré cette orientation finale hermétique, un vrai diamant noir dont l’éclat est toutefois entaché par quelques scories.
La mise en scène de Chabrol se fait parfois approximative lors des scène de transition, de moindre importance narrativement et thématiquement parlant -mais néanmoins essentielles pour installer une ambiance et préfigurer l’atmosphère viciée qui envahira la pellicule dans le dernier tiers.
On regrettera ainsi certains raccords et choix d'axe disgracieux et/ou contraires au bon sens visuel.
Un autre « souci » concerne la gestion du temps et des ellipses. Il arrive que l'on quitte soudainement un personnage pour le retrouver, après un cut anodin, dans la pièce voisine mais quelques années plus tard. Le procédé est toutefois justifié par la volonté du cinéaste de nous faire ressentir la dégradation de l’état mental de Paul.
Ces subtilités, surtout révélées à la révision, ont tendance à détourner notre attention du drame qui se joue. Pas de quoi remettre en cause la force de l'œuvre dans son ensemble mais assez pour la rendre moins attrayante et accessible.
Notre place de simple observateur est quelque peu bousculée par le fait que l'on ne peut que se reconnaître dans le raisonnement et les réactions de Paul, ce mari aimé, aimant et pourtant en proie au doute.
On compare nos actions potentielles à celles avérées de cet homme perturbé, on le juge, on se juge, on est concerné.
Et Chabrol de jouer intelligemment avec les outils du cinéma (les visions paranoïaques ou fantasmées de Paul) pour nous séduire, nous confondre et nous mettre mal à l'aise.
La démarche mêle subtilement forme et fond et le tout fonctionne très bien. Le malaise est palpable.
Puis le récit se fige, le temps se ralenti, la géographie est resserrée et se met en place un huis clos désespérant, redondant et éprouvant (dans le bon comme dans le mauvais sens du terme).
L'histoire perd l'universalité qui faisait sa force dès lors que Paul sombre dans la démence et devient outrageusement antipathique. Les images se heurtent au verbiage.
La prestation de Cluzet, jusqu'alors épatant, donne l’impression d’un cabotinage théâtral qui tend neutraliser la puissance évocatrice du film.
Il n'empêche que L'Enfer reste, malgré cette orientation finale hermétique, un vrai diamant noir dont l’éclat est toutefois entaché par quelques scories.
La mise en scène de Chabrol se fait parfois approximative lors des scène de transition, de moindre importance narrativement et thématiquement parlant -mais néanmoins essentielles pour installer une ambiance et préfigurer l’atmosphère viciée qui envahira la pellicule dans le dernier tiers.
On regrettera ainsi certains raccords et choix d'axe disgracieux et/ou contraires au bon sens visuel.
Un autre « souci » concerne la gestion du temps et des ellipses. Il arrive que l'on quitte soudainement un personnage pour le retrouver, après un cut anodin, dans la pièce voisine mais quelques années plus tard. Le procédé est toutefois justifié par la volonté du cinéaste de nous faire ressentir la dégradation de l’état mental de Paul.
Ces subtilités, surtout révélées à la révision, ont tendance à détourner notre attention du drame qui se joue. Pas de quoi remettre en cause la force de l'œuvre dans son ensemble mais assez pour la rendre moins attrayante et accessible.


