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Critique
"Au coeur du mensonge" est un film en demi-teinte, mais qui reste néanmoins suffisamment trouble et troublant pour retenir l'attention. En toile de fond, le meurtre d'une fillette et les soupçons de pédophilie qu'il fait naître installent un climat de polar sombre. Mais le vrai sujet du film c'est, bien sûr, le mensonge et ses ravages, grand thème chabrolien s'il en est, servi ici par une solide interprétation.
A cet égard, le couple que forment Sandrine Bonnaire et Jacques Gamblin est passionnant à observer. Sandrine Bonnaire, d'abord plutôt enjouée, tombe progressivement dans le doute, la méfiance, puis une sorte de tristesse insondable... Face à elle, un Jacques Gamblin minéral, fermé, difficile à cerner (il annonce le Dutronc de "Merci pour le chocolat" [2000]), d'autant plus énigmatique qu'il ne fait pas grand chose pour démentir la rumeur qui le désigne très vite comme un coupable idéal.
Petite originalité du film : Chabrol a confié le rôle de l'incontournable commissaire de police à Valeria Bruni-Tedeschi, qu'on n'attendait pas forcément là. Un tel choix, a priori audacieux, se révèle au final plutôt payant : il permet au cinéaste de renouveler avec originalité un type de personnage qu'il connaît particulièrement bien.
Parmi les rôles plus secondaires, signalons la prestation décalée de Bulle Ogier (grande actrice) et celle de Noël Simsolo (grand critique ciné). Seule véritable ombre au tableau d'un casting par ailleurs impeccable : Antoine de Caunes, pas à la hauteur d'un personnage potentiellement antipathique et foncièrement mauvais.
Le polar, ici, n'est donc que prétexte à l'étude méticuleuse des rapports ambigus qu'entretiennent les gens avec le mensonge, tant en couple qu'en société. Aussi épais que le brouillard breton qui baigne le film, le climat d'"Au coeur du mensonge", grinçant et parfois même ironique, laisse au spectateur un sentiment (par ailleurs pas désagréable) d'incertitude, mais aussi (et là, c'est plus gênant) d'inachevé.
A cet égard, le couple que forment Sandrine Bonnaire et Jacques Gamblin est passionnant à observer. Sandrine Bonnaire, d'abord plutôt enjouée, tombe progressivement dans le doute, la méfiance, puis une sorte de tristesse insondable... Face à elle, un Jacques Gamblin minéral, fermé, difficile à cerner (il annonce le Dutronc de "Merci pour le chocolat" [2000]), d'autant plus énigmatique qu'il ne fait pas grand chose pour démentir la rumeur qui le désigne très vite comme un coupable idéal.
Petite originalité du film : Chabrol a confié le rôle de l'incontournable commissaire de police à Valeria Bruni-Tedeschi, qu'on n'attendait pas forcément là. Un tel choix, a priori audacieux, se révèle au final plutôt payant : il permet au cinéaste de renouveler avec originalité un type de personnage qu'il connaît particulièrement bien.
Parmi les rôles plus secondaires, signalons la prestation décalée de Bulle Ogier (grande actrice) et celle de Noël Simsolo (grand critique ciné). Seule véritable ombre au tableau d'un casting par ailleurs impeccable : Antoine de Caunes, pas à la hauteur d'un personnage potentiellement antipathique et foncièrement mauvais.
Le polar, ici, n'est donc que prétexte à l'étude méticuleuse des rapports ambigus qu'entretiennent les gens avec le mensonge, tant en couple qu'en société. Aussi épais que le brouillard breton qui baigne le film, le climat d'"Au coeur du mensonge", grinçant et parfois même ironique, laisse au spectateur un sentiment (par ailleurs pas désagréable) d'incertitude, mais aussi (et là, c'est plus gênant) d'inachevé.
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