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Critique
"Ma nuit chez Maud" (opus n°3 des six "Contes moraux", mais sorti après le 4ème) est sans doute le film le plus connu d'Eric Rohmer (on parlerait même de "succès", si cette notion ne paraissait pas, ici, toute relative, pour ne pas dire déplacée !)
Rohmer se saisit, ici, du fameux "pari de Pascal" (selon lequel, pour aller vite, on a tout à gagner en pariant sur l'existence de Dieu) pour faire un film fin et délicat (c'est presque un pléonasme, quand on parle Rohmer !), au très beau noir et blanc, magnifié par la neige de Clermont-Ferrand et la chevelure brune de Françoise Fabian.
Le postulat de départ, commun à chaque "Conte moral", est simple : un homme sur le point de s'engager avec une femme, se laisse "presque" tenter par une autre femme, avant de finalement renoncer et de "rentrer dans le droit chemin".
De ce point de vue, "Ma nuit chez Maud" est bien un conte moral et non moralisateur (nuance). Rohmer ne juge jamais : il donne à voir, il observe des personnages qui se cherchent, se trouvent, bavardent (beaucoup), dissimulant derrière les mots une pudeur qu'on toucherait presque du doigt, jouent à se séduire, doutent... bref : qui vivent.
L'interprétation est d'une qualité exceptionnelle : Trintignant, à la fois pudibond et audacieux ; Marie-Christine Barrault, dont la blondeur se confond avec la neige, faisant du personnage de la très pieuse Françoise une créature au premier abord prude et pure, mais en réalité plus subtilement ambiguë qu'il n'y paraît... presque "bergmanienne", pour tout dire ; Antoine Vitez, au dandysme autant séduisant qu'agaçant (utilisé pour ce qu'il est, ou plutôt ce qu'il "représente" : un intello brillant) ; et Françoise Fabian, bien sûr, qui incarne de tout son corps, de toute sa chair, de toute son évidente sensualité, une Maud insolente, moderne, ensorcelante, charmeuse et terriblement séductrice... Redoutable objet de tentation !
"Ma nuit chez Maud", grande étude de moeurs, fait d'Eric Rohmer notre plus grand moraliste.
Rohmer se saisit, ici, du fameux "pari de Pascal" (selon lequel, pour aller vite, on a tout à gagner en pariant sur l'existence de Dieu) pour faire un film fin et délicat (c'est presque un pléonasme, quand on parle Rohmer !), au très beau noir et blanc, magnifié par la neige de Clermont-Ferrand et la chevelure brune de Françoise Fabian.
Le postulat de départ, commun à chaque "Conte moral", est simple : un homme sur le point de s'engager avec une femme, se laisse "presque" tenter par une autre femme, avant de finalement renoncer et de "rentrer dans le droit chemin".
De ce point de vue, "Ma nuit chez Maud" est bien un conte moral et non moralisateur (nuance). Rohmer ne juge jamais : il donne à voir, il observe des personnages qui se cherchent, se trouvent, bavardent (beaucoup), dissimulant derrière les mots une pudeur qu'on toucherait presque du doigt, jouent à se séduire, doutent... bref : qui vivent.
L'interprétation est d'une qualité exceptionnelle : Trintignant, à la fois pudibond et audacieux ; Marie-Christine Barrault, dont la blondeur se confond avec la neige, faisant du personnage de la très pieuse Françoise une créature au premier abord prude et pure, mais en réalité plus subtilement ambiguë qu'il n'y paraît... presque "bergmanienne", pour tout dire ; Antoine Vitez, au dandysme autant séduisant qu'agaçant (utilisé pour ce qu'il est, ou plutôt ce qu'il "représente" : un intello brillant) ; et Françoise Fabian, bien sûr, qui incarne de tout son corps, de toute sa chair, de toute son évidente sensualité, une Maud insolente, moderne, ensorcelante, charmeuse et terriblement séductrice... Redoutable objet de tentation !
"Ma nuit chez Maud", grande étude de moeurs, fait d'Eric Rohmer notre plus grand moraliste.


