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Steak
Critique
On qualifie souvent d'OVNI ce premier long-métrage du clipeur et musicien Quentin Dupieux. Et effectivement dans le cadre très rigide, rance, ringard, aseptisé, recyclable, gras, marketé (etc etc...) de la comédie française, Steak passe pour un hurluberlu, le sale gosse qui ne fait pas partie de la bande.
Le film est singulier et personnel, c'est certain, mixant les références américaines du film de campus (mi John Hugues mi-fifties) à l'étrangeté d'un Twin Peaks light. Le tournage au Canada ajoute au décalage, les cadres sont impeccables. Effectivement, on n’est pas habitués à ça dans notre aride paysage ciné comique. L'intrigue est mince, le film prend son temps, installe ses séquences, exploite chacune de ses idées avec assurance, ce qui permet de ne jamais s'ennuyer... à part si l'on est venu voir le dernier navet catégorie "rafale de gags et de cascades" dans laquelle s'était jusque-là enfermé le duo Eric et Ramzy. C'est pourtant là la principale bonne idée du film, déplacer ces comiques au potentiel bêtement gâché par des productions bâclés (ce qu'ils reconnaissent eux-mêmes) dans un univers personnel et intégrer leur humour dans un projet concret, pour le mettre en valeur et pas seulement leur servir (mal) la soupe.
Le résultat ? Les deux bougres sont enfin canalisés, n'énervent plus dans des agitations vaines, leurs gesticulations servent avant tout une histoire, des scènes surréalistes, et ils en sortent grandis. Steak procure ce plaisir simple de voir évoluer ces deux énergumènes dans l’œuvre d’un réalisateur qui a quelque chose à proposer. Etonnement, surprise, amusement, et plus seulement rire gras. L’apport de Steak n’est pas négligeable. Et cette rencontre entre le comique de masse et le film d’auteur qui ne se prend pas au sérieux est autant une bouffée d’air frais qu’un OSS 117.
Après, à chacun de réagir à sa façon à la gentille petite leçon de vie par l’absurde. Moquerie ou message ? Sans doute les deux à la fois. Mais c’est secondaire. L’important est de tenter l’expérience.
Le film est singulier et personnel, c'est certain, mixant les références américaines du film de campus (mi John Hugues mi-fifties) à l'étrangeté d'un Twin Peaks light. Le tournage au Canada ajoute au décalage, les cadres sont impeccables. Effectivement, on n’est pas habitués à ça dans notre aride paysage ciné comique. L'intrigue est mince, le film prend son temps, installe ses séquences, exploite chacune de ses idées avec assurance, ce qui permet de ne jamais s'ennuyer... à part si l'on est venu voir le dernier navet catégorie "rafale de gags et de cascades" dans laquelle s'était jusque-là enfermé le duo Eric et Ramzy. C'est pourtant là la principale bonne idée du film, déplacer ces comiques au potentiel bêtement gâché par des productions bâclés (ce qu'ils reconnaissent eux-mêmes) dans un univers personnel et intégrer leur humour dans un projet concret, pour le mettre en valeur et pas seulement leur servir (mal) la soupe.
Le résultat ? Les deux bougres sont enfin canalisés, n'énervent plus dans des agitations vaines, leurs gesticulations servent avant tout une histoire, des scènes surréalistes, et ils en sortent grandis. Steak procure ce plaisir simple de voir évoluer ces deux énergumènes dans l’œuvre d’un réalisateur qui a quelque chose à proposer. Etonnement, surprise, amusement, et plus seulement rire gras. L’apport de Steak n’est pas négligeable. Et cette rencontre entre le comique de masse et le film d’auteur qui ne se prend pas au sérieux est autant une bouffée d’air frais qu’un OSS 117.
Après, à chacun de réagir à sa façon à la gentille petite leçon de vie par l’absurde. Moquerie ou message ? Sans doute les deux à la fois. Mais c’est secondaire. L’important est de tenter l’expérience.


