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Critique
Caméra subjective, voix off (ou plutôt "voix-je"), regards caméra… Julian Schnabel n’y va pas de main morte pour cette adaptation du livre "Le Scaphandre et le papillon". Il ne manque plus que d’horribles zooms, bannis de la grammaire cinématographique respectable c’est bien connu, pour parachever le blasphème.
Pourtant le procédé de la vue subjective est ici un exemple de forme adaptée au fond. En effet, quoi de plus logique que de conter l’histoire d’un homme victime du "locked-in syndrome" qu’en enfermant le spectateur dans le corps de ce dernier.
Le parti pris casse-gueule a donc été récompensé à Cannes par le prix de la mise en scène, rien que ça. Et c’est en partie mérité. Même si c’est plus le magnifique travail du directeur de la photo de Spielberg, Janusz Kaminski, qui impressionne sur la longueur. On retrouve cette lumière aux halos marqués, et le travail du cadre a dû être un réel plaisir dans ce contexte de caméra-œil, avec ces décadrages et ces flous qui sont juste assez présents pour être crédibles, et ne pas donner dans le sur-stylisé. Caméra-œil qui est d’abord désarçonnante pour le spectateur, car Schnabel commence par 15 minutes "en immersion" non stop, histoire d’annoncer la couleur.
Le début est délicat. On peut rire aux premières interventions de la voix off, devant le lourd artifice qui se met en place sous nos yeux, de manière si évidente, puisque si peu courant. Mais au bout de quelques minutes et d’un défilé de regards caméra, on finit par ressentir de l’empathie, et par être il faut le dire fasciné par l’effet de style. C’est cette audace qui a été récompensée à Cannes. Car le reste est moins glorieux, entre classiques mouvements d’appareil et images d’illustration sorties d’un documentaire National Geographic (les icebergs, c’est une idée qui vient presque contrebalancer l’exploit initial).
L'esthétique publicitaire n’est jamais loin. Sans pour autant considérer ça comme le Mal absolu, on ne peut s’empêcher de penser à de jolies images de pub pour eau minérale. Bauby présente Volvic. Mauvais goût involontaire. Le casting féminin est très réussi, Contrex style. Un peu, quand même.
C’est sévère mais on y pense : ces bords de mer, la p’tite famille, les conquêtes et les docteur(e)s qui défilent, toutes plus bombissima les unes que les autres… Le réalisme en prend un coup, et comme le traitement de choc se limite à une claustrophobie de 15 minutes et à une paupière recousue…
Mais "le Scaphandre et le papillon" est un mélo et il l’assume, essayant tout de même d’éviter le pathos facile à tout prix, aidé en cela par une interprétation générale de haute volée, et par un Mathieu Amalric qui sert bien les répliques ironiques et cyniques.
Si le développement est un peu délicat (les flashbacks ne forment pas vraiment un tout cohérent), le récit entre mémoire et survie captive. Un joli film, donc. Même si on aurait plus aimé être bouleversés que simplement touchés.
Pourtant le procédé de la vue subjective est ici un exemple de forme adaptée au fond. En effet, quoi de plus logique que de conter l’histoire d’un homme victime du "locked-in syndrome" qu’en enfermant le spectateur dans le corps de ce dernier.
Le parti pris casse-gueule a donc été récompensé à Cannes par le prix de la mise en scène, rien que ça. Et c’est en partie mérité. Même si c’est plus le magnifique travail du directeur de la photo de Spielberg, Janusz Kaminski, qui impressionne sur la longueur. On retrouve cette lumière aux halos marqués, et le travail du cadre a dû être un réel plaisir dans ce contexte de caméra-œil, avec ces décadrages et ces flous qui sont juste assez présents pour être crédibles, et ne pas donner dans le sur-stylisé. Caméra-œil qui est d’abord désarçonnante pour le spectateur, car Schnabel commence par 15 minutes "en immersion" non stop, histoire d’annoncer la couleur.
Le début est délicat. On peut rire aux premières interventions de la voix off, devant le lourd artifice qui se met en place sous nos yeux, de manière si évidente, puisque si peu courant. Mais au bout de quelques minutes et d’un défilé de regards caméra, on finit par ressentir de l’empathie, et par être il faut le dire fasciné par l’effet de style. C’est cette audace qui a été récompensée à Cannes. Car le reste est moins glorieux, entre classiques mouvements d’appareil et images d’illustration sorties d’un documentaire National Geographic (les icebergs, c’est une idée qui vient presque contrebalancer l’exploit initial).
L'esthétique publicitaire n’est jamais loin. Sans pour autant considérer ça comme le Mal absolu, on ne peut s’empêcher de penser à de jolies images de pub pour eau minérale. Bauby présente Volvic. Mauvais goût involontaire. Le casting féminin est très réussi, Contrex style. Un peu, quand même.
C’est sévère mais on y pense : ces bords de mer, la p’tite famille, les conquêtes et les docteur(e)s qui défilent, toutes plus bombissima les unes que les autres… Le réalisme en prend un coup, et comme le traitement de choc se limite à une claustrophobie de 15 minutes et à une paupière recousue…
Mais "le Scaphandre et le papillon" est un mélo et il l’assume, essayant tout de même d’éviter le pathos facile à tout prix, aidé en cela par une interprétation générale de haute volée, et par un Mathieu Amalric qui sert bien les répliques ironiques et cyniques.
Si le développement est un peu délicat (les flashbacks ne forment pas vraiment un tout cohérent), le récit entre mémoire et survie captive. Un joli film, donc. Même si on aurait plus aimé être bouleversés que simplement touchés.


