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Critique
Une belle adolescente est atteinte d’un curieux mal, jusqu’ici sujet d’histoires mythologiques, baptisé « vagina dentata ». L’expression est suffisamment éloquente, même pour ceux qui ont séché les cours de latin, pour provoquer interrogation et intérêt vis-à-vis de Teeth, premier long-métrage écrit et réalisé par Mitchell Lichtenstein. En effet, avec un tel sujet, facile de tomber dans la bouffonnerie la plus bis, et ce n’est bien sûr pas la voie qu’a choisi l’apprenti réalisateur (on aurait eu peu de chances de le voir dans nos salles), mais davantage celle d’un drame adolescent à la May.
La jeune Dawn (of the dead) milite ardemment pour l’abstinence sexuelle dans son club du lycée, non pas par puritanisme exacerbé inculqué par des parents bigots, mais parce qu’elle est différente des autres, qu’elle est même peut-être un monstre, à cacher, à prévenir de toute intimité. La scène d’ouverture met justement le doigt où ça fait mal - en ciblant le véritable freak de l’histoire, un frangin un peu trop obsédé. Deux cheminées d’usine proéminentes, cocotte-minute en forme de double signe phallique, annoncent avec insistance l’éveil sexuel en tant que menace, que celle-ci couve dans cette petite bourgade, à l’intérieur même d’un individu très particulier… Double menace puisque les hommes, ou plutôt les jeunes garçons en plein âge bête sont commandés par un pénis qu’ils contrôlent aussi peu que notre héroïne son anomalie anatomique. Métaphores et symboles sont légions dans Teeth, néanmoins toujours traités avec ce qu’il faut de tact et de distance pour trouver l’équilibre entre tragique et comique.
« Ton corps change et ce n’est pas sale. » Bon, certes, dans le cas de Dawn, les draps peuvent être tâchés plus que de coutume, mais c’est d’abord cette identification adolescente que chacun a expérimenté qui touche, avec l’horizon cocasse de la révélation de cette mutation fatale, longtemps esquivée, et sujet de sympathiques suspenses retors. L’ange blond (de la mort) est interprété avec une belle candeur par la douce Jess Weixler, une vraie révélation qui suscite désir, peur, rejet et compassion à la fois. On lit tous les registres du drame adolescent sur son visage de porcelaine, imaginer ce qui se passe en dessous suffit alors à créer tension… et rire, qu’il soit défensif ou volontaire.
Car l’angle discrètement psychologique et dramatique adopté par le film va s’avérer payant quand elle va passer à l’action. Toujours en empathie avec le personnage on peut enfin voir les horreurs que l’on est venu chercher mais sous un angle différent, évitant tout ridicule, mais pas un humour grotesque salvateur - et particulièrement bien dosé - jusqu’à une fin un peu plus attendue que le reste, en forme d’acceptation de soi.
Mitchell Lichtenstein manque in extremis le coche de l’émotion, ayant amené son personnage dans les zones sanglantes (avec gros plans) que promettait le synopsis. Néanmoins il démontre avec Teeth un sacré talent dans la manière de conter des histoires impossibles.
La jeune Dawn (of the dead) milite ardemment pour l’abstinence sexuelle dans son club du lycée, non pas par puritanisme exacerbé inculqué par des parents bigots, mais parce qu’elle est différente des autres, qu’elle est même peut-être un monstre, à cacher, à prévenir de toute intimité. La scène d’ouverture met justement le doigt où ça fait mal - en ciblant le véritable freak de l’histoire, un frangin un peu trop obsédé. Deux cheminées d’usine proéminentes, cocotte-minute en forme de double signe phallique, annoncent avec insistance l’éveil sexuel en tant que menace, que celle-ci couve dans cette petite bourgade, à l’intérieur même d’un individu très particulier… Double menace puisque les hommes, ou plutôt les jeunes garçons en plein âge bête sont commandés par un pénis qu’ils contrôlent aussi peu que notre héroïne son anomalie anatomique. Métaphores et symboles sont légions dans Teeth, néanmoins toujours traités avec ce qu’il faut de tact et de distance pour trouver l’équilibre entre tragique et comique.
« Ton corps change et ce n’est pas sale. » Bon, certes, dans le cas de Dawn, les draps peuvent être tâchés plus que de coutume, mais c’est d’abord cette identification adolescente que chacun a expérimenté qui touche, avec l’horizon cocasse de la révélation de cette mutation fatale, longtemps esquivée, et sujet de sympathiques suspenses retors. L’ange blond (de la mort) est interprété avec une belle candeur par la douce Jess Weixler, une vraie révélation qui suscite désir, peur, rejet et compassion à la fois. On lit tous les registres du drame adolescent sur son visage de porcelaine, imaginer ce qui se passe en dessous suffit alors à créer tension… et rire, qu’il soit défensif ou volontaire.
Car l’angle discrètement psychologique et dramatique adopté par le film va s’avérer payant quand elle va passer à l’action. Toujours en empathie avec le personnage on peut enfin voir les horreurs que l’on est venu chercher mais sous un angle différent, évitant tout ridicule, mais pas un humour grotesque salvateur - et particulièrement bien dosé - jusqu’à une fin un peu plus attendue que le reste, en forme d’acceptation de soi.
Mitchell Lichtenstein manque in extremis le coche de l’émotion, ayant amené son personnage dans les zones sanglantes (avec gros plans) que promettait le synopsis. Néanmoins il démontre avec Teeth un sacré talent dans la manière de conter des histoires impossibles.
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