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Be kind rewind, États-Unis, 2008

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Critique

25012501 13 mar. 2008 Star Rating 6
Avec "Be Kind Rewind" (oublions tout de suite le titre français laborieux), Michel Gondry met en abyme son univers bricolo, grâce à une maligne idée de scénario basée sur les remakes fauchés maison des films d’un vidéo-club, malencontreusement passés au magnétiseur Jack Black.

Ce sujet avait de quoi laisser espérer une comédie inventive et bien déjantée. Si le style carton-pâte faussement amateur (essayez de bricoler tous ces gadgets, ça vous prendra plus de 2h) appliqué aux employés de vidéo-club s’avère en effet visuellement tout à fait réjouissante, le concept reste finalement le prétexte d’un scénario plus convenu sur le thème David contre Goliath dans le contexte communautaire et commercial. Cela a beau être traité sur un mode mineur (notamment par le refus d’une véritable conclusion), les clichés articulent quand même un récit qui tente de mixer Méliés et Capra avec plus ou moins de bonheur. Les meilleures parties concernent sans surprise les réalisations de bric et de broc de nos cinglés de la VHS. Les idées fusent dans des reconstitutions qu’on souhaiterait souvent plus longues. L’identification est encore plus forte pour les spectateurs apprentis vidéastes s’étant lancés dans l’exercice dans leurs jeunes années, créateurs d’un jour qui auraient bien aimé trouver l’idée de la « pizza gore », et autres raccourcis poétiquement incongrus.

L’enthousiasme est moindre du côté des personnages, Jack Black et Mos Def peinent à nous attacher à ces deux simplets, l’un par un excès de cabotinage (même si habilement mis en boîte dans les films « suédés »), l’autre à cause de son légendaire phrasé nasal et languissant qui n’aide pas un jeu limité. Les gags étirés, quelques effets appuyés (dont une musique étrangement sursignifiante, même quand il ne se passe rien) et les cadres entre facture classique et angles peu communs témoignent d’une réalisation plus passe-partout, bancale et peu convaincante.
Le cinéma à la maison pour ressouder les liens communautaires. Le beau projet manque le coche de l’émotion, malgré une dernière scène qui aimerait nous faire croire que l’amateurisme peut dépasser les clins d’œil et les effets rigolos. Mais le processus créatif en lui-même est joliment exploré et le comique burlesque fait mouche à plus d’une (re)prise.

Il aurait été plus intéressant que Gondry choisisse vraiment son camp. Comme l’annonce l’affiche un film suédé sur des films suédés, ou alors une vraie comédie de quartier avec des personnages plus touchants et un premier degré plus assumé. Le résultat tel quel est juste sympathique, régressif et gentiment optimiste, mais d’un cachet mainstream pas tout à fait maîtrisé. On retrouve souvent chez le cinémécano français, sous des formes différentes, cette inadéquation, imperfection involontaire cette fois, qui ne contribue pas au charme d’une œuvre n’atteignant pas son plein potentiel.

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