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Critique
Le magasin de Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, est une petite boutique des horreurs. C’est là, qu’ivre de vengeance, Benjamin Barker égorge ses clients, un Mal rampant qui éclabousse une société, après quinze années de bagne en Australie. Un emprisonnement auquel l’a condamné le corrompu juge Turpin, pour lui ravir femme et fillette.
Dès le prélude dans le port de Londres, Tim Burton donne à son nouveau long-métrage une esthétique gothique visuellement sidérante, chaque plan étant pensé à la manière d'un tableau de maître. Sur un fond de camaïeu de gris-bleu illuminé, les comédiens poussent la chansonnette pour dire leur espoir, hurler leur douleur et vomir leur colère. C’est principalement cette dernière qui anime Johnny Depp, notre figaro vengeur halluciné, de retour chez lui, où une étrange reine de la tourte, Helena Bonham Carter, a établi commerce. Combinant animosité de l’un et sens du business de l’autre, le couple infernal garnit à l’oeil le pâté croûte maison, monsieur à l’abattoir et madame en cuisine. C’est à ce moment que la mise en scène de Tim Burton, brillante jusque-là, faiblit.
Car après avoir impressionné en mêlant thriller horrifique, cinéma fantastique, caméra démente à la shoot’em up et chant lyrique de la comédie musicale, le réalisateur n’enchaîne plus que les scènes macabres, où le sang gicle, jaillit encore et encore, jusque dans un dénouement tout en rouge et noir, où étonnamment, la mélancolie envahit tout l’être. Magnifique de romantisme désenchanté, cet épilogue intense conclut magistralement ce moment de cinéma qui aurait dû être parfait …
Dès le prélude dans le port de Londres, Tim Burton donne à son nouveau long-métrage une esthétique gothique visuellement sidérante, chaque plan étant pensé à la manière d'un tableau de maître. Sur un fond de camaïeu de gris-bleu illuminé, les comédiens poussent la chansonnette pour dire leur espoir, hurler leur douleur et vomir leur colère. C’est principalement cette dernière qui anime Johnny Depp, notre figaro vengeur halluciné, de retour chez lui, où une étrange reine de la tourte, Helena Bonham Carter, a établi commerce. Combinant animosité de l’un et sens du business de l’autre, le couple infernal garnit à l’oeil le pâté croûte maison, monsieur à l’abattoir et madame en cuisine. C’est à ce moment que la mise en scène de Tim Burton, brillante jusque-là, faiblit.
Car après avoir impressionné en mêlant thriller horrifique, cinéma fantastique, caméra démente à la shoot’em up et chant lyrique de la comédie musicale, le réalisateur n’enchaîne plus que les scènes macabres, où le sang gicle, jaillit encore et encore, jusque dans un dénouement tout en rouge et noir, où étonnamment, la mélancolie envahit tout l’être. Magnifique de romantisme désenchanté, cet épilogue intense conclut magistralement ce moment de cinéma qui aurait dû être parfait …


