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Critique
Une nuit, un bateau qu’on dirait pirate glisse lentement sur l’eau.
Il s’avance vers un Londres noir, sombre, poisseux et désenchanté. La perfide Albion est telle que l’on pouvait l’imaginer entre les mains du maestro Tim Burton : glauque, dangereuse et désespérément gothique. En descend Sweeney Todd (exceptionnel Johnny Depp), autrefois Benjamin Barker, barbier injustement condamné par le juge Turpin (excellent Alan Rickman), homme diabolique ayant jeté son dévolu sur la femme de ce dernier.
Adaptation d’une comédie musicale de Broadway, Sweeney Todd marque le grand retour aux affaires de celui que l’on croyait définitivement perdu. Après plusieurs films mineurs dans une filmographie parcourue de chef d’œuvres, il signe là un pur film Burtonien. Sa nouvelle femme, Helena Bonham Carter est la véritable révélation de ce conte macabre. On se demande comment ces deux là ne se sont pas trouvés avant, tellement Bonham Carter représente LA femme selon Burton. Elle se révèle douée au chant et pleine d’un humour noir, cher au réalisateur. La présence du non moins excellent Sacha Baron Cohen nous permet de profiter d’une des scènes les plus réussies du film. Son duel de barbier avec Todd est bourré d’humour et son accent italien est un délice.
Le cœur du film, les parties chantées (80% du métrage) se révèlent parfaitement rythmées et les textes font mouche. On a vraiment l’impression d’être devant un film raconté en musique et non devant une succession de chansons explicitées par les images. On pourra peut-être regretter une redondance de certains thèmes et leur aspect « cul-cul » (Johanna notamment) mais l’ensemble reste de qualité.
Pour le reste, c’est très très gore (que de gorges tranchées !!) et les gerbes de sang à la couleur vermillon offrent un parfait contrepoids à la noirceur ambiante. C’est d’ailleurs quasiment la seule couleur vive du film.
En outre, Burton nous assoit complètement avec cette fin, certainement une des plus belles jamais vues sur un écran de cinéma. Le plan final, iconique à souhait, est également à tomber à la renverse.
On reste malgré tout un poil sur sa faim car on a le sentiment que les 10 dernières minutes sont là pour expédier vite fait bien fait les protagonistes voués à une mort certaine.
Mais ce petit bémol n’est rien en comparaison du plaisir ressenti à la vision de ce blockbuster hollywoodien gore et chanté. C’est suffisamment rare pour être loupé.
En bref, du grand Burton qui laisse augurer du meilleur pour la suite de sa carrière.
Le retour du Roi en quelque sorte.
Il s’avance vers un Londres noir, sombre, poisseux et désenchanté. La perfide Albion est telle que l’on pouvait l’imaginer entre les mains du maestro Tim Burton : glauque, dangereuse et désespérément gothique. En descend Sweeney Todd (exceptionnel Johnny Depp), autrefois Benjamin Barker, barbier injustement condamné par le juge Turpin (excellent Alan Rickman), homme diabolique ayant jeté son dévolu sur la femme de ce dernier.
Adaptation d’une comédie musicale de Broadway, Sweeney Todd marque le grand retour aux affaires de celui que l’on croyait définitivement perdu. Après plusieurs films mineurs dans une filmographie parcourue de chef d’œuvres, il signe là un pur film Burtonien. Sa nouvelle femme, Helena Bonham Carter est la véritable révélation de ce conte macabre. On se demande comment ces deux là ne se sont pas trouvés avant, tellement Bonham Carter représente LA femme selon Burton. Elle se révèle douée au chant et pleine d’un humour noir, cher au réalisateur. La présence du non moins excellent Sacha Baron Cohen nous permet de profiter d’une des scènes les plus réussies du film. Son duel de barbier avec Todd est bourré d’humour et son accent italien est un délice.
Le cœur du film, les parties chantées (80% du métrage) se révèlent parfaitement rythmées et les textes font mouche. On a vraiment l’impression d’être devant un film raconté en musique et non devant une succession de chansons explicitées par les images. On pourra peut-être regretter une redondance de certains thèmes et leur aspect « cul-cul » (Johanna notamment) mais l’ensemble reste de qualité.
Pour le reste, c’est très très gore (que de gorges tranchées !!) et les gerbes de sang à la couleur vermillon offrent un parfait contrepoids à la noirceur ambiante. C’est d’ailleurs quasiment la seule couleur vive du film.
En outre, Burton nous assoit complètement avec cette fin, certainement une des plus belles jamais vues sur un écran de cinéma. Le plan final, iconique à souhait, est également à tomber à la renverse.
On reste malgré tout un poil sur sa faim car on a le sentiment que les 10 dernières minutes sont là pour expédier vite fait bien fait les protagonistes voués à une mort certaine.
Mais ce petit bémol n’est rien en comparaison du plaisir ressenti à la vision de ce blockbuster hollywoodien gore et chanté. C’est suffisamment rare pour être loupé.
En bref, du grand Burton qui laisse augurer du meilleur pour la suite de sa carrière.
Le retour du Roi en quelque sorte.


