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Les Rapaces
Critique
Voilà un film d'une modernité absolue!
La version "finale" de ce film maintes fois mutilé, disons plutôt la version parvenue jusqu'à notre siècle, a tout du légendaire. Un peu à l'image de son tournage, le film est une épopée grandeur nature, qui nous mène doucement, sur plusieurs années, à une inéluctable descente aux enfers.
Au delà de la réalisation et du scénario, magistraux, c'est l'atemporalité qui marque "Les rapaces".
Après avoir excepté quelques chef-d'oeuvres (notamment « L’Aurore » de Murnau), il est souvent coutume de penser ou de croire que les films muets sont restreints à leur époque et à leurs codes. Avec "Les rapaces", la direction d'acteur de Von Stroheim dépasse de loin les mimiques et les fards du muet.
Il semble en effet que ce soit avec des films de son acabit que se soient construits dans les années 20 les liens et les codes nécessaires pour une mutation du cinéma vers la forme du Parlant.
Les deux acteurs gigantesques (Zasu Pitts dans le rôle de l’inoubliable épouse Mac Teague et Gibson Gowland, son mari) nous amènent à eux et viennent vers nous, innocents, brisés, fous… humains. S’ajoute à ce casting une thématique scénaristique universelle, celle de l’éternel rapport à l'argent, ambigu, destructeur. Le ressort tragique utilisé s’en trouve sublimé, jusqu’à son apogée, la scène finale du désert, qui reste parmi les plus dramatiques scènes de cinéma.
"Les Rapaces" est un film fondamental ; historiquement ; artistiquement ; au delà du Muet ; au delà de la couleur ; au delà de toute contingence.
La version "finale" de ce film maintes fois mutilé, disons plutôt la version parvenue jusqu'à notre siècle, a tout du légendaire. Un peu à l'image de son tournage, le film est une épopée grandeur nature, qui nous mène doucement, sur plusieurs années, à une inéluctable descente aux enfers.
Au delà de la réalisation et du scénario, magistraux, c'est l'atemporalité qui marque "Les rapaces".
Après avoir excepté quelques chef-d'oeuvres (notamment « L’Aurore » de Murnau), il est souvent coutume de penser ou de croire que les films muets sont restreints à leur époque et à leurs codes. Avec "Les rapaces", la direction d'acteur de Von Stroheim dépasse de loin les mimiques et les fards du muet.
Il semble en effet que ce soit avec des films de son acabit que se soient construits dans les années 20 les liens et les codes nécessaires pour une mutation du cinéma vers la forme du Parlant.
Les deux acteurs gigantesques (Zasu Pitts dans le rôle de l’inoubliable épouse Mac Teague et Gibson Gowland, son mari) nous amènent à eux et viennent vers nous, innocents, brisés, fous… humains. S’ajoute à ce casting une thématique scénaristique universelle, celle de l’éternel rapport à l'argent, ambigu, destructeur. Le ressort tragique utilisé s’en trouve sublimé, jusqu’à son apogée, la scène finale du désert, qui reste parmi les plus dramatiques scènes de cinéma.
"Les Rapaces" est un film fondamental ; historiquement ; artistiquement ; au delà du Muet ; au delà de la couleur ; au delà de toute contingence.


