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Critique
Berlin Est, début des années 80. Un agent de la police politique épie les moindre faits et gestes d’un auteur de théâtre. Pourquoi lui ? Il faut le briser : le Ministre de la Culture lorgne sur sa compagne, une comédienne populaire. Dans le prologue, on aperçoit cet espion formaté pour servir son gouvernement enseigner comment faire craquer un homme qui clame son innocence. Dans de le décor terne de l’ex RDA et sur fond policier, Florian Henckel von Donnersmarck cinématographie sa métamorphose, par petites touches : tandis qu’il guette minutieusement le couple, ce joujou du régime entrevoit la beauté, la culture, l’art, l’amour, lui, un paumé qui vit seul, dans un monde froid, de non-dits, de mensonges. Il en est tout retourné, son idéal vole en éclat. Il enfreint la règle, par instinct, ou par foi, on ne sait pas trop. Un ton juste, un scénario fouillé, une mise en scène dépouillée, une interprétation remarquable, Das Leben der Anderen est autant un thriller politique captivant qu’un drame humain beau, charnel, qui prend à la gorge, qui dénonce l’absurdité de la tyrannie. Réunir tout cela en un seul film n’était pas facile. Dès son premier long-métrage, le jeune von Donnersmarck l’a réussi, intelligemment, de façon magistrale. Merci.


