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Critique
"A la croisée des mondes", fantasy traditionnelle de Noël adaptée de romans à succès, inaugure une nouvelle saga avec cette "Boussole d'or". Des éléments clés un peu vagues (une boussole, une petite fille, un gros nounours), une campagne publicitaire peu convaincante, laissaient au moins un petit suspense sur le résultat... qui s'avère comme d'habitude bien décevant.
"La Boussole d’or" possède tous les défauts du film d'exposition qu'avait su éviter avec brio Peter Jackson avec sa "Communauté de l’anneau". Passant miraculeusement sous la barre des deux heures (sans aucun doute pour une meilleure rentabilité), il enchaîne par conséquent séquence sur séquence dans une logorrhée incessante. On sent le réalisateur d'"American Pie" très soucieux de bien faire, c'est-à-dire sur la mauvaise voie, celle de la fidélité, retranscrire à tout prix un maximum d'informations du roman. Et comme il passe par la parole alors que les images devraient guider le récit, on se retrouve avec une adaptation qui semble bannir toute trahison, et donc tout épanouissement cinématographique. Pourtant l'univers n'est pas moins séduisant qu'un autre, avec ces "daemons" accompagnant les personnages, la meilleure idée, qui permet un instant d'être un minimum intrigué. Car la "poussière", sans doute trop faiblement illustrée, s'avère un concept plutôt fumeux et les différents personnages et peuplades sont plaqués artificiellement sur le récit comme autant d'étapes obligatoires. La palme à la sorcière interprété par Eva Green, aux deux apparitions on ne peut plus inopinées et ridicules. Seules Nicole Kidman et surtout la petite Dakota Blue Richards ont assez de temps pour exister.
A la bouillie narrative vient s'ajouter l'étalage numérique d'effets spéciaux franchement perfectibles, puisque toujours très voyants. Certains décors plutôt élégants font illusion, mais ne sont là que pour servir de brèves passerelles entre deux tunnels de dialogues. Et puis quelle idée stupide que de reprendre une introduction et des acteurs issus du "Seigneur des anneaux" (2 plans avec Christopher Lee ! et Ian Mac Kellen en doublage d'ours), meilleur moyen de rappeler la cruelle et gigantesque différence entre une œuvre incarnée et un film constamment démonstratif. On pourra dire que le public ciblé est plutôt celui d'un "Harry Potter", avec une échappée polaire où l’on espère enfin entrevoir la grande évasion tant attendue, mais elle se ratatine sur des enjeux toujours lourdement amenés, et notamment un final en forme de bataille générale confuse semblant totalement gratuite. Cette dernière répond avant tout à un manque de spectacle, étonnant pour un tel film à gros budget, l'apogée étant un combat d'ours en armures peu convaincant.
"A la croisée des mondes" est un divertissement s'adressant avant tout aux enfants, qui auront tout de même du mal à rester attentifs devant un film si bavard. Les autres devront prendre leur mal en patience, et les parents espérer que la saga s'arrêtera là...
"La Boussole d’or" possède tous les défauts du film d'exposition qu'avait su éviter avec brio Peter Jackson avec sa "Communauté de l’anneau". Passant miraculeusement sous la barre des deux heures (sans aucun doute pour une meilleure rentabilité), il enchaîne par conséquent séquence sur séquence dans une logorrhée incessante. On sent le réalisateur d'"American Pie" très soucieux de bien faire, c'est-à-dire sur la mauvaise voie, celle de la fidélité, retranscrire à tout prix un maximum d'informations du roman. Et comme il passe par la parole alors que les images devraient guider le récit, on se retrouve avec une adaptation qui semble bannir toute trahison, et donc tout épanouissement cinématographique. Pourtant l'univers n'est pas moins séduisant qu'un autre, avec ces "daemons" accompagnant les personnages, la meilleure idée, qui permet un instant d'être un minimum intrigué. Car la "poussière", sans doute trop faiblement illustrée, s'avère un concept plutôt fumeux et les différents personnages et peuplades sont plaqués artificiellement sur le récit comme autant d'étapes obligatoires. La palme à la sorcière interprété par Eva Green, aux deux apparitions on ne peut plus inopinées et ridicules. Seules Nicole Kidman et surtout la petite Dakota Blue Richards ont assez de temps pour exister.
A la bouillie narrative vient s'ajouter l'étalage numérique d'effets spéciaux franchement perfectibles, puisque toujours très voyants. Certains décors plutôt élégants font illusion, mais ne sont là que pour servir de brèves passerelles entre deux tunnels de dialogues. Et puis quelle idée stupide que de reprendre une introduction et des acteurs issus du "Seigneur des anneaux" (2 plans avec Christopher Lee ! et Ian Mac Kellen en doublage d'ours), meilleur moyen de rappeler la cruelle et gigantesque différence entre une œuvre incarnée et un film constamment démonstratif. On pourra dire que le public ciblé est plutôt celui d'un "Harry Potter", avec une échappée polaire où l’on espère enfin entrevoir la grande évasion tant attendue, mais elle se ratatine sur des enjeux toujours lourdement amenés, et notamment un final en forme de bataille générale confuse semblant totalement gratuite. Cette dernière répond avant tout à un manque de spectacle, étonnant pour un tel film à gros budget, l'apogée étant un combat d'ours en armures peu convaincant.
"A la croisée des mondes" est un divertissement s'adressant avant tout aux enfants, qui auront tout de même du mal à rester attentifs devant un film si bavard. Les autres devront prendre leur mal en patience, et les parents espérer que la saga s'arrêtera là...
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