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Critique
Pour son premier long-métrage, l’Espagnol Nacho Cerda signe un film de genre palpitant. Tout en utilisant les codes de l’épouvante comme le décor de nuit ou la maison isolée entourée d’eau, il insuffle à sa création une densité sensorielle en rapport avec l’instinct et l’émotionnel. Dès l’intro, un climat angoissant s’installe avec l’histoire bizarroïde de cette femme américaine de retour en Russie, son pays natal, pour découvrir la ferme familiale dont elle a hérité.
Très inspiré dans sa mise en scène, l’auteur emporte son personnage dans un voyage fantastique où la poésie se mêle à l’horreur. L’action se déroule essentiellement dans le huis clos de la bâtisse, un labyrinthe dangereux fourmillant de fantômes, dont le terrifiant double de la malheureuse héritière. Pour dire l’angoisse de son héroïne, le réalisateur a fourni un travail technique tout bonnement ahurissant : photo léchée, texture verdâtre et glaciale, caméra audacieuse, montage sec et bidouillage exceptionnel sur le son. Narrativement parlant, le cinéaste brouille habilement les pistes dans l’espace et le temps de telle sorte que son récit donne l’impression de se dérouler dans un contexte totalement irréel, fusion réussie d’une réalité surnaturelle et d’un enfer hallucinatoire.
Si formellement, Nacho Cerda réussit à susciter l’effroi et maîtriser la tension jusque dans un final étonnant, il ne convainc pas totalement. En effet, en voulant donner à son intrigue un axe cérébral traitant du retour aux origines ou de la quête d’identité, il en a oublié parfois son cinéma. Le tempo devient alors moins nerveux et les scènes se répètent. A ces moments là, même la formidable Anastasia Hille, littéralement habitée pas son rôle, ne corrige pas le tir. Néanmoins, la séduction que dégage Abandonnée fait évidemment de Cerda un artisan de l’horreur à suivre …
Très inspiré dans sa mise en scène, l’auteur emporte son personnage dans un voyage fantastique où la poésie se mêle à l’horreur. L’action se déroule essentiellement dans le huis clos de la bâtisse, un labyrinthe dangereux fourmillant de fantômes, dont le terrifiant double de la malheureuse héritière. Pour dire l’angoisse de son héroïne, le réalisateur a fourni un travail technique tout bonnement ahurissant : photo léchée, texture verdâtre et glaciale, caméra audacieuse, montage sec et bidouillage exceptionnel sur le son. Narrativement parlant, le cinéaste brouille habilement les pistes dans l’espace et le temps de telle sorte que son récit donne l’impression de se dérouler dans un contexte totalement irréel, fusion réussie d’une réalité surnaturelle et d’un enfer hallucinatoire.
Si formellement, Nacho Cerda réussit à susciter l’effroi et maîtriser la tension jusque dans un final étonnant, il ne convainc pas totalement. En effet, en voulant donner à son intrigue un axe cérébral traitant du retour aux origines ou de la quête d’identité, il en a oublié parfois son cinéma. Le tempo devient alors moins nerveux et les scènes se répètent. A ces moments là, même la formidable Anastasia Hille, littéralement habitée pas son rôle, ne corrige pas le tir. Néanmoins, la séduction que dégage Abandonnée fait évidemment de Cerda un artisan de l’horreur à suivre …


