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Critique
Demain Eli Roth livre son dernier bébé (merci Ecran Large !) avec la suite directe du premier opus d’Hostel pour un résultat radicalement différent. D’abord en laissant tomber l’aspect potache qui alourdissait inutilement le premier opus pour un humour plus noir. Le générique est à ce titre empreint d’une complète sobriété qui permet au spectateur d’entrer ou de replonger dans l’univers si poisseux de la cave des tortures. A ce titre, la photographie si caractéristique du premier laisse place ici à un univers plus lumineux qui contraste encore mieux avec le glauque d’une salle de torture. Ainsi donc et après la résolution rigolote mais franchement inutile du personnage de Paxton ; le film entre de plein pied dans son pitch avec la présentation de ses trois personnages principaux qui ne sont désormais plus des jeunes avides de sexe mais juste trois filles friquées qui parcourent l’Europe pour s’amuser ou visiter les lieux culturels. Une présentation qui va s’avérer franchement longue mais plutôt captivante ; en raison d’une tension qui monte crescendo et qui s’affirme par l’apparition régulière de personnages inquiétants ou mystérieux (le plus flagrant exemple étant le voleur d’Ipod).
Sachant sûrement que cette seule histoire manque de souffle, Roth décide comme promis de nous dévoiler les travers de l’organisation à travers une scène qui ne manquera pas de faire grincer des dents : superbement bien découpée avec un usage malin du split-screen, elle nous présente les différents « acheteurs » enchérissant des sommes colossales sur le meurtre des trois filles. C’est d’ailleurs ici qu’intervienne les personnages interprétés par Richard Burgi et Roger Bart ; deux transfuges de Desperate Housewifes qui évoquent dans leur caractérisation un antagonisme parfait : l’un est un père de famille réservé et franchement pas prêt pour un tel massacre ; l’autre est un célibataire complètement dingue qui veut tuer pour témoigner de son entière virilité. Le traitement des dits personnages restera comme la vraie réussite du film ; du jeu des acteurs (monumental Richard Burgi) à la complexité de ces tueurs auquel le spectateur s’attache malgré lui (magnifique scène sur une musique d’opéra ou sidérant retournement de situation qui joue sur les apparences trompeuses).
Et l’horreur dans tout ça ? Que les fans se rassurent ; car ils en auront pour leur argent. Avec un univers franchement baroque et quasi vénitien (la scène du bal semble tout droit sortie du musée des horreurs) ; le métrage de Roth distille au compte-gouttes ses scènes d’horreur ; renforçant le sentiment de tension du spectateur qui pour une fois de vient pas seulement voir de la barbaque étalé sur une table. Une scène émerge cependant du lot tant elle pousse l’horreur dans ses derniers retranchements : armée d’une faucille et allongée dans une fosse ; une femme découpe morceaux par morceaux la fille placée au dessus d’elle (la tête à l’envers) pour mieux se laver avec son sang. Même les âmes les plus sensibles risquent d’être écoeuré par un tel déchaînement de violence et de sang ; justifiant à lui tout seul l’interdiction aux moins de 16 ans. Pour le reste, le film oscille avec un talent unique entre l’humour noir la plus pure (la scène de la scie circulaire restant un grand moment de rigolade) avec des personnages imprévisibles. Tout ceci pousse à montrer qu’Eli Roth a mûri et qu’il sait désormais éviter certaines facilités qui pourrissaient ses précédents métrages. Il ose même finir son film avec une audace peu commune ; achevant de placer son Hostel 2 un énorme cran au-dessus du premier. Une réussite juste amputée par des longueurs dans le déroulement ; par une étude sociologique pas vraiment poussée ; et par des lourdeurs de traitement pas foncièrement bien évité (notamment avec le personnage de Beth). Néanmoins, gâcher son plaisir devant un si chouette bout de pelloche qui évite toute beaufitude pour faire plaisir davantage aux vrais fans d’horreur qu’aux jeunes ados boutonneux serait franchement dommage. Au final, une question subsite toujours : oserez-vous vous aventurez en Slovaquie ? Sûrement pas…
Sachant sûrement que cette seule histoire manque de souffle, Roth décide comme promis de nous dévoiler les travers de l’organisation à travers une scène qui ne manquera pas de faire grincer des dents : superbement bien découpée avec un usage malin du split-screen, elle nous présente les différents « acheteurs » enchérissant des sommes colossales sur le meurtre des trois filles. C’est d’ailleurs ici qu’intervienne les personnages interprétés par Richard Burgi et Roger Bart ; deux transfuges de Desperate Housewifes qui évoquent dans leur caractérisation un antagonisme parfait : l’un est un père de famille réservé et franchement pas prêt pour un tel massacre ; l’autre est un célibataire complètement dingue qui veut tuer pour témoigner de son entière virilité. Le traitement des dits personnages restera comme la vraie réussite du film ; du jeu des acteurs (monumental Richard Burgi) à la complexité de ces tueurs auquel le spectateur s’attache malgré lui (magnifique scène sur une musique d’opéra ou sidérant retournement de situation qui joue sur les apparences trompeuses).
Et l’horreur dans tout ça ? Que les fans se rassurent ; car ils en auront pour leur argent. Avec un univers franchement baroque et quasi vénitien (la scène du bal semble tout droit sortie du musée des horreurs) ; le métrage de Roth distille au compte-gouttes ses scènes d’horreur ; renforçant le sentiment de tension du spectateur qui pour une fois de vient pas seulement voir de la barbaque étalé sur une table. Une scène émerge cependant du lot tant elle pousse l’horreur dans ses derniers retranchements : armée d’une faucille et allongée dans une fosse ; une femme découpe morceaux par morceaux la fille placée au dessus d’elle (la tête à l’envers) pour mieux se laver avec son sang. Même les âmes les plus sensibles risquent d’être écoeuré par un tel déchaînement de violence et de sang ; justifiant à lui tout seul l’interdiction aux moins de 16 ans. Pour le reste, le film oscille avec un talent unique entre l’humour noir la plus pure (la scène de la scie circulaire restant un grand moment de rigolade) avec des personnages imprévisibles. Tout ceci pousse à montrer qu’Eli Roth a mûri et qu’il sait désormais éviter certaines facilités qui pourrissaient ses précédents métrages. Il ose même finir son film avec une audace peu commune ; achevant de placer son Hostel 2 un énorme cran au-dessus du premier. Une réussite juste amputée par des longueurs dans le déroulement ; par une étude sociologique pas vraiment poussée ; et par des lourdeurs de traitement pas foncièrement bien évité (notamment avec le personnage de Beth). Néanmoins, gâcher son plaisir devant un si chouette bout de pelloche qui évite toute beaufitude pour faire plaisir davantage aux vrais fans d’horreur qu’aux jeunes ados boutonneux serait franchement dommage. Au final, une question subsite toujours : oserez-vous vous aventurez en Slovaquie ? Sûrement pas…


