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Paris
Critique
Natif de la région parisienne, Cédric Klapisch voulait rendre hommage à la capitale, à sa diversité, à sa complexité, à sa solidarité de bourg. C’est maintenant chose faite avec ce film choral ambitieusement intitulé Paris, véritable déclaration d’amour à la ville et à ses habitants. A partir d’un foisonnement de personnages et de situations façon Robert Altman, le cinéaste a mis en scène son objet avec style et virtuosité, selon un récit éclaté de structure classique mais justement pimenté de son habituelle audace visuelle.
Elégamment, Klapisch va d’une intrigue à l’autre, jouant sur un humour ubuesque et une mélancolie véritable, tour à tour affirmés par une bande son légère ou grave, selon son regard ou sa sensibilité. Il observe essentiellement un trentenaire malade du cœur et à deux doigts d’y rester que Romain Duris habite avec une densité humaine étonnante. Bizarrement, cette mort envisageable donne soudain davantage de grandeur à sa vie, à celle des autres et à sa ville. Il porte alors un regard neuf sur sa sœur, une Juliette Binoche avec qui il forme un émouvant duo et se passionne pour son voisinage : des inconnus qu’il croise dans la rue comme cette beurette souriante et cette boulangère réac ou qu’il observe simplement de la fenêtre de son appartement, comme cette nymphette pour qui il a le béguin. Via cette étudiante malicieuse et séductrice jouée par l’insolente Mélanie Laurent, le narrateur introduit un autre personnage. Un prof de fac vieillissant qui s’est amouraché d’elle, accro au SMS baudelairien, moyen in dont il use pour déclarer sa flamme. Absolument délirant dans sa manière de chanter la langue de Molière, sous ecsta lorsqu’il entame une danse, émouvant lorsqu’il dissimule sa détresse chez le psy, Fabrice Luchini l’incarne avec une jubilation non dissimulée.
En dirigeant magnifiquement sa distribution, Klapisch raconte avec émotion l’amour et la mort dans une ville où il est possible de renaître chaque matin. Tout en enchaînant ses saynètes, il construit d’abord le profil de ses personnages avant de s’aventurer dans une atmosphère diluée, calme, diffuse, rêveuse, jusque dans la virée d’un quatuor de poupées en plein marché de Rungis. Même si certaines scènes et certains portraits relèvent du cliché typiquement bobo, Paris est un puzzle cinématographique magnifique, taillé selon un tissu d’événements lumineux, en total interconnexion avec l’univers singulier et attachant de son auteur. Un conteur hors norme qui livre avec ce long-métrage un hymne touchant à la vie. Tout simplement …
Elégamment, Klapisch va d’une intrigue à l’autre, jouant sur un humour ubuesque et une mélancolie véritable, tour à tour affirmés par une bande son légère ou grave, selon son regard ou sa sensibilité. Il observe essentiellement un trentenaire malade du cœur et à deux doigts d’y rester que Romain Duris habite avec une densité humaine étonnante. Bizarrement, cette mort envisageable donne soudain davantage de grandeur à sa vie, à celle des autres et à sa ville. Il porte alors un regard neuf sur sa sœur, une Juliette Binoche avec qui il forme un émouvant duo et se passionne pour son voisinage : des inconnus qu’il croise dans la rue comme cette beurette souriante et cette boulangère réac ou qu’il observe simplement de la fenêtre de son appartement, comme cette nymphette pour qui il a le béguin. Via cette étudiante malicieuse et séductrice jouée par l’insolente Mélanie Laurent, le narrateur introduit un autre personnage. Un prof de fac vieillissant qui s’est amouraché d’elle, accro au SMS baudelairien, moyen in dont il use pour déclarer sa flamme. Absolument délirant dans sa manière de chanter la langue de Molière, sous ecsta lorsqu’il entame une danse, émouvant lorsqu’il dissimule sa détresse chez le psy, Fabrice Luchini l’incarne avec une jubilation non dissimulée.
En dirigeant magnifiquement sa distribution, Klapisch raconte avec émotion l’amour et la mort dans une ville où il est possible de renaître chaque matin. Tout en enchaînant ses saynètes, il construit d’abord le profil de ses personnages avant de s’aventurer dans une atmosphère diluée, calme, diffuse, rêveuse, jusque dans la virée d’un quatuor de poupées en plein marché de Rungis. Même si certaines scènes et certains portraits relèvent du cliché typiquement bobo, Paris est un puzzle cinématographique magnifique, taillé selon un tissu d’événements lumineux, en total interconnexion avec l’univers singulier et attachant de son auteur. Un conteur hors norme qui livre avec ce long-métrage un hymne touchant à la vie. Tout simplement …


