Topo (El)

Topo (El)

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



13 déc. 2006 Par Patrick Antona Star Rating 7

Homme de théâtre d'avant-garde, créateur du mouvement "Panique" aux côtés de Topor et d'Arrabal, Alejandro Jodorowsky avait déjà, par deux fois, tâté de la réalisation lorsqu'il entreprit le tournage de El Topo au Mexique en 1970. Alors que son précédent film, Fando y Lis, avait déclenché les foudres de la censure mexicaine, de par son côté profondément subversif bien ancré dans l'atmosphère révolutionnaire de 1968, Jodorowsky préféra partir pour New York avec ses bobines sous le bras. Bon choix car El Topo devint ainsi un des piliers des séances Midnight Movies, adoubé par John Lennon lui-même, lui assurant un succès culte et une audience internationale qui fit de ce chilien aux origines russes un des auteurs à suivre des années 70.

Adoptant la structure du western initiatique, où Jodorowky fait passer ses éternelles références bibliques et son questionnement sur la nature humaine, El Topo est une allégorie religieuse aux accents bunuéliens (il y a des points communs avec La Voie Lactée et Simon du Désert) dont la force et l'outrance de certaines images arrive encore à surprendre le spectateur moderne, même le plus blasé.

Dans cette quête métaphysique où un pistolero (interprété par Jodorowsky lui-même tout gainé de cuir noir) cherche les quatres maîtres du désert afin de les défier et de devenir un dieu, se succèdera toute une série de scènes marquées du sceau du suréalisme dans lesquelles sang, sexe et humour se mêlent avec plus ou moins de bonheur (le côté 70's et libertaire étant un paramètre à prendre en compte pour apprécier le tout.) Dans toute la première partie, El Topo ("La Taupe") va ainsi accomplir son destin, épreuve après épreuve, rencontrant dans le désert mexicain magnifiquement mis en image des pillards sortis tout droit de chez Peckinpah, des cavalières sexy s'adonnant au saphisme, une bohémienne au look "glam", le tout baignant dans une atmosphère zen et violente à la fois qui donne au film le ton d'un véritable trip hallucinatoire mais au parti-pris esthétique prenant.
Par contre, la seconde partie, celle qui verra la résurrection christique de El Topo en moine tentant de mener des freaks à la lumière (une constante dans l'œuvre de Jodorowsky pour qui le film de Tod Browning est une référence essentielle), prend la voie de la satire du monde moderne et capitaliste, avec un côté très naïf qui a considérablement vieilli. Laissant de côté le mythicisme qui nimbait son film jusque là, l'acteur-réalisateur fait plus dans la farce, s'en donnant d'ailleurs à cœur joie en exploitant ses talents de mime, rehaussé heureusement de quelques éclairs comme cette messe exercée à coup de roulette russe ou les jeux pervers de puritaines que n'auraient pas renié un John Waters.

Film complètement branque et narcissique, El Topo est une expérience, voire une forme de rituel qui déclenchera des réactions pouvant aller du rejet simple jusqu'à la fascination la plus extrême (comme dans beaucoup de films de Jodorowky), mais dont le final "illuminé" permet de donner du sens à cette vision psychédélique du Nouveau Testament, autrement plus fun et inspiré que La Nativité version catéchisme du pauvre sortie il y a peu.



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

CRITIQUES SPECTATEURS

TOUTES LES CRITIQUES

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Patrick Antona :

Star Rating 8

Sandy Gillet :

Star Rating 8


M'sieur Jean25/09/2008 09:37 par M'sieur Jean

C’est surtout très long… :zen :Cala qui poste à 5h du mat’ :o Oui, c’est long, surtout dans la deuxième partie, mais ce n’est pas tant la durée qui m’a gêné que l’intérêt de ce qui est montré. Nous sommes devant un objet atypique, reflet d’une époque libertaire, mais dont les [...] LIRE LA SUITE
Calamity25/09/2008 05:20 par Calamity

C’est surtout très long… :zen : LIRE LA SUITE
M'sieur Jean23/09/2008 00:11 par M'sieur Jean

Bon, je tente de faire un petit topo ? :D :-/ Pas évident, surtout que j’ai pas franchement accroché. Il est certain que le film recèle quelques images assez puissantes, que la réalisation tient bien la route et qu’on n’en sort pas tout à fait indemne, mais dans le genre trip [...] LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter