Total recall

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21 jan. 2005 Par Julien Welter Star Rating 8

 

De même que pour le blockbuster lynchien, Dune, la vision de Total recall sera toujours accompagnée d'un regret de fan : celui de ne pas savoir ce qu'aurait donné les aventures de Douglas Quaid sous la direction de David Cronenberg. Un temps attaché au projet, le réalisateur canadien promettait de morbides explorations spatiales du moi, du surmoi et du ça, là où le Hollandais imposa une brutale descente armée dans le conscient et l'inconscient.
Venant immédiatement après Robocop dans la filmographie du réalisateur, cette adaptation d'une nouvelle de Philip K. Dick mêle un paradoxe cher à l'écrivain (« je rêve ce que je suis et je suis ce que je rêve ») à une ironie peut-être européenne mais sûrement Verhoevienne : le bon est méchant mais le méchant est bon. Loin d'être sans rapport avec l'univers du hollandais, cet imbroglio lui permet en fait de miner la vision de l'héroïsme américain, entreprise qu'il avait commencée dès son arrivér aux Etats-Unis.

Au premier abord, le personnage campé par Arnold Schwarzenegger se distingue par une quête de soi, légitime à la vue des circonstances. Mais comme le montre, d'abord les informations télévisées, ensuite le déroulement de l'histoire, la prospection interne du héros se déroule dans un contexte social plus large, dans lequel elle devient un signe évident d'égoïsme motivé par son moi intérieur, c'est-à-dire sa méchanceté. Le trajet du héros n'est motivé que par son envie personnelle sûrement la plus basique puisqu'il part de la volonté triviale de connaître une autre femme. Rien de vraiment altruiste, comme le voudrait un comportement exemplairement américain.
À cela s'ajoute un deuxième fondement sapé par Verhoeven : la capacité héroïque même de son personnage. Dans le trajet qu'il effectue, Quaid prouve plutôt son impuissance à être en avance sur les autres, et encore plus sur lui-même. Le personnage d'Arnold Schwarzenegger ne fait que répondre constamment à la violence sans vraiment pouvoir l'éviter ou la devancer.
Pour appuyer le même discours, le réalisateur développe le rôle pervers que joue la télévision sur l'héroïsme. Plus que le diffuseur d'une image d'Épinal du bon samaritain, l'écran cathodique devient un objet influent dont Arnold Schwarzenegger écoute avec attention les directives. D'abord en suivant la publicité pour Rekall dans le métro, ensuite en écoutant « l'ami » dans le visiophone, puis lui-même dans l'enregistrement de la valise, et enfin en répondant par la force quand se révèle à lui la véritable manipulation. Ainsi en adéquation ou en réaction de ce que lui dit l'écran plat, il agit et prouve qu'il n'est pas pleinement un héros, mais tout juste un forcené qui se débat dans un carcan prédéfini qu'il n'arrive jamais à briser.

Avec Total recall, le discours ironique de Paul Verhoeven prend tout son poids, et la virulence de celui-ci envers les institutions américaines également. Égoïsme, impuissance et manipulation du flux télévisuel seront les mythologies américaines que le réalisateur préfèrera détruire par la suite, que ce soit dans Basic instinct (pour l'impuissance et l'égoïsme du héros) Starship Troopers (pour la manipulation des médias et l'égoïsme) ou Hollow man (pour l'impuissance et l'égoïsme).



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Maintenant bien installé dans l’arène politique US, Arnold Schwarzenegger ne peut plus botter les culs des badass motherfuckers comme il y a vingt ans, alors que tout laisse à penser qu’il adorerait encore le faire. Revoir Arnie défourailler à tout va sur les fils de pute qui le traquent -en se servant lors d’une séquence [...]

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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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