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Critique
Gangs of New York relate un passage sombre et méconnu de l'histoire des Etats-Unis : la lutte de gangs rivaux dans la seconde moitié du 19ème siècle pour contrôler la ville de New York. Un sujet magnifiquement scorsesien, donc, que le réalisateur traite avec une maîtrise toujours aussi époustouflante depuis Mean Streets (Scorsese est certainement un des plus grands « techniciens » du 7ème Art) et qui lui permet de mettre en scène des personnages d'une très grande densité.
La grande figure du film est bien sûr Bill le Boucher, joué par Daniel Day-Lewis, excessif juste comme il faut, mais Leonardo Di Capprio parvient à lui tenir tête, même si on peut douter qu'il sera pour Scorsese un nouveau De Niro. Par contre, Cameron Diaz ne trouvera pas encore grâce à mes yeux dans ce film, il est clair qu'elle aurait pu être remplacée par bon nombre d'actrices mille fois plus charismatiques et mille fois plus talentueuses. Un jour il faudra qu'on m'explique ce que tout le monde lui trouve. Enfin bon, le reste du cast est irréprochable, rien que dix minutes de Liam Neeson en ouverture sur fond de musique celtique tribale et de tension palpable suffisant déjà largement à mon bonheur.
Et cela continue pratiquement ainsi jusqu'à la fin, on est totalement immergé dans le New York boueux et impitoyable des Five Points. Les grands thèmes scorsesiens sont présents (l'ascension, la déchéance, la vengeance, la rédemption) et enlèvent au film tout manichéisme (Bill le Boucher véritable héros du film ? J'en ai bien l'impression). Il est juste dommage que le rythme ait tendance à faiblir par moments (les coupes sont plus que visibles) : la film aurait gagné à être plus court, pour être plus dynamique, ou plus long, pour permettre à certains personnages d'être plus développés. Sans doute mineur pour un Scorsese, Gangs of New York n'en reste pas moins une oeuvre passionnante et réalisée de main de maître.


