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Critique
Adapté du roman d'Ernesto Ferrero, "N", le film joue à mêler petite et grande histoires dans un récit plutôt enlevé dans le sillage de l'acteur principal, Elio Germano, qui joue le "moi" du titre. Sans s'embarraser d'un trop grand souci d'exactitude historique, le réalisateur Paolo Virzi ("Caterina va en ville") confronte personnages et caractères avec rythme et couleur.
En empereur mégalo (rien à voir avec Kuzco) et assez pépère, Daniel Auteuil s'en sort plutôt bien, insufflant une bonhomie roublarde à son personnage sans se reposer sur l'imagerie populaire. En intellectuel révolté coincé par le charme de son ennemi, Elio Germano évite lui aussi les clichés du genre, tirant le film vers une comédie énergique à l'italienne (grâce au réalisateur aussi, tout de même!) autant que vers une confrontation humaine toutes deux plutôt réussies.
Sans refuser aucun des chemins vers lesquels l'emmène le scénario, le réalisateur joue autant de l'humour que du drame jamais lointain qui plane. C'est la principale qualité du film qui mêle costumes et personnages sans sombrer dans un académisme étouffant.
Pas forcément une révolution, mais une comédie historique agréable et sans prétentions.


