Cars

Cars, États-Unis, 2006

Cars
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Critique

snake mastersnake master 01 juil. 2006 Star Rating 10

John Lasseter est un fou de voitures. Depuis que son père l'a amené dans un garage et qu'il a découvert les joies de la conduite, il est tombé amoureux de ce qu'on appelle tendrement les « bolides (de course aussi)». Et c'est ainsi pourquoi ce Carsse démarque largement des autres Pixar : en plus de l'originalité du sujet ou de la technique bluffante, le film apporte le point de vue et la précision d'un passionné, nostalgique d'une époque perdue où l'on prenait le temps de profiter des moments de la vie. C'est d'ailleurs pour ça que le film se déroule sur la Route 66, en plein désert, vestige de l'Amérique profonde. Une route sur laquelle se perd Flash McQueen, champion de course prétentieux, ne pensant qu'a la victoire et à sa petite personne, et sur laquelle il va s'égarer jusqu'à un petit village, aux habitants et aux caractères bien distincts. Les personnages sont d'ailleurs pour la plupart très clichés : la jeep militaire qui sonne le clairon et qui se rappelle la guerre, le van baba-cool qui parle leeeennntttttteeeeeemmmmeeennntttt et qui est en conflit permanent avec le militaire, ou même la voiture italienne vendeuse de pneus qui est fan de Ferrari. Tous ces personnages font cliché mais tout ça marche car ils représentent tous quelque chose qui fait écho à l'Amérique d'un ancien temps. Seul la Porsche, exemple de modernité et de vitesse, ne rappelle pas l'ancienne Amérique. Pourtant cette dernière n'en pense pas moins, devenant ainsi le symbole qu'un espoir existe encore au rayon nouveautés. Je repense notamment à la plus belle scène du film, émouvant par son propos et son traitement, avec une musique country romantique en fond, et qui nous montre qu'une autoroute à remplacer cette bien plus belle route 66, et ceci juste pour une question de temps dans un monde où tout va plus vite.


Cars film idéologique ? Certainement pas, et c'est d'ailleurs ça là la principale qualité (hormis l'animation incroyable –mais j'y reviens plus tard) de Cars. Le film ne nous impose en aucun cas une morale ou une conduite à suivre, mais il nous présente son point de vue (ici le point de vue de Lasseter) en toute finesse, avec ses défauts et ses qualités. A l'exemple de Doc Hudson, ancienne gloire de la course, qui est le médecin de la ville dans laquelle on le reçoit si bien, mais aussi dans laquelle il vit avec la déception d'avoir du arrêter sa carrière (je ne vous dis pas pourquoi quand même). Mais, malgré les bons conseils qu'il donne à McQueen (qui comme un enfant ne le croit pas mais l'écoute quand même), Hudson est un ronchon qui rejette Flash comme une chaussette. Lui, tout comme McQueen, vont apprendre que les conseils d'amis ou de proches sont toujours bons à écouter. Vous l'avez donc compris, le scénario est impressionnant de profondeur et qui peuvent dérouter les bambins (dans mon cinéma plusieurs son partis), expliquant en partie le semi échec que le film subit en France. Dommage car si les petits n'aiment pas l'histoire, ils peuvent au moins admirer l'animation qui surclasse tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour.


C'est bien simple : l'animation est tellement bluffante que même Dreamworks cherche encore à comprendre comment les gars de Pixar ont fait. Autre preuve irréfutable : l'attachement dont on s'éprend pour ces voitures. A tel point que depuis le début de cette critique (et vous avez pu le remarquer), je parle des voitures comme d'êtres humains. Déjà la première excellente idée de Pixar est d'avoir placé les yeux sur le pare-brise, et non sur les phares comme on a l'habitude de l'imaginer. Cela laisse donc place à une plus grande liberté d'expression, permettant une identification plus rapide. Mais aussi parce que les ingénieurs (avec les conseils de Lasseter) ont réussit à rendre des courses de nascars passionnantes. Avec une gestion des reflets sidérante et des décors extérieurs captivants de réalisme. Tout ça combinés font de ce film le plus beau film d'animation en 3D de l'histoire. Tout simplement. Une petite parenthèse aussi sur les doublages français qui sont, pour une fois, parfaitement en harmonie avec les personnages. La V.O doit comme à son habitude la surclasser, mais ça sera pour la sorte en dvd.


En résumé donc Cars est un bijou. Porté par des critiques dithyrambiques, Cars prouve une fois de plus la suprématie de Pixar sur l'animation en général : ces gars ont en tout cas compris que le succès d'un film de ce genre repose sur un assemblage harmonieux d'un scénario recherché et d'une animation sans faille (pas comme l'équipe de France ;)). Sauf que Pixar à apporté sa touche (ou plutôt la touche Lasseter) : une âme d'un passionné qui porte un vrai poème d'amour à l'Amérique d'avant, où l'on prenait le temps de vivre avec ses amis. Une Amérique pas clean nous plus, mais bien plus compréhensive de la Terre et du monde qui nous entoure. Et ça, c'est la magie Pixar.

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