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Critique
"Les Promesses de l’ombre" est un film en lien direct avec le précédent Cronenberg, "A History of violence", qui jouait d’une épure mainstream nouvelle dans la carrière du réalisateur canadien. Une deuxième vision révélait malheureusement les failles d’un scénario simpliste où les éclats de violence devenaient attendus et fascinants, au détriment de l’intention initiale.
Dans ces films de commande, le cinéaste semble trouver de nouvelles marques qui le satisfont pleinement, on ne parle pas de contrebande comme des films de studios détournés par des De Palma ou des Scorsese. Pour autant, ce changement dans la carrière du réalisateur ne s’avère pas forcément convaincant.
Les bizarreries mutantes et autres délires organiques se sont mués en pure violence. Sa manifestation, à la fois dure, sèche, et volontairement grotesque, vient parasiter un banal récit de série B traité avec le plus grand sérieux, comme dans ses premiers films "Rage" et "Frissons". Films de jeunesse moins guindés toutefois, qui laissait surgir leur part de cinéma d’exploitation déviant. Perversement, ces "Promesses de l’ombre" injectent petit à petit ce venin des obsessions charnelles du réalisateur, des différents usages du corps pour appartenir à une famille, se dissimuler, la tromper, survivre. Nikolai est à ce titre le véritable personnage principal du film malgré son retrait d’homme de l’ombre. Son évolution est la partie la plus intéressante. Le reste, l’enquête de la gentille sage-femme et le fils cabotin à l’ambivalence sexuelle prononcée, donne une impression de mauvaises greffes, confirmée par un final d’une faiblesse assez incroyable (il faut bien boucler l’intrigue mise en place…). S’y ajoute une révélation, et l’on se retrouve avec une histoire racontée à l’envers, ou du mauvais point de vue (on se fout totalement du sort de la sage femme).
Le père Cronenberg est sur un mode mineur qui lui réussit peu. Ce que l’on retient de ces "Promesses de l’ombre" ne sont que fulgurances sanglantes comme marques d’auteur lourdement soulignées dans un morne récit en creux, et l’incroyable présence d’un Viggo Mortensen au corps sculptural. C’est une évolution de carrière comme une autre que de passer de la « nouvelle chair » à l’auscultation plus réaliste du corps dans la société. Cependant, devant l’indigence scénaristique (ah cette voix off de la prostituée morte…), on peut légitimement regretter les films viscéraux et audacieux dont Cronenberg avait le secret : "Videodrome", "La Mouche", "Le Festin Nu", "Crash"… paraissent bien loin. Et pour le film mafieux russe tragique, on se dirigera plutôt vers "Little Odessa". De délicieux poil à gratter hors normes le canadien est passé aux petits picotements inoffensifs de la série B pour intelligentsia. On parie qu’il s’amuse plus que nous.
Dans ces films de commande, le cinéaste semble trouver de nouvelles marques qui le satisfont pleinement, on ne parle pas de contrebande comme des films de studios détournés par des De Palma ou des Scorsese. Pour autant, ce changement dans la carrière du réalisateur ne s’avère pas forcément convaincant.
Les bizarreries mutantes et autres délires organiques se sont mués en pure violence. Sa manifestation, à la fois dure, sèche, et volontairement grotesque, vient parasiter un banal récit de série B traité avec le plus grand sérieux, comme dans ses premiers films "Rage" et "Frissons". Films de jeunesse moins guindés toutefois, qui laissait surgir leur part de cinéma d’exploitation déviant. Perversement, ces "Promesses de l’ombre" injectent petit à petit ce venin des obsessions charnelles du réalisateur, des différents usages du corps pour appartenir à une famille, se dissimuler, la tromper, survivre. Nikolai est à ce titre le véritable personnage principal du film malgré son retrait d’homme de l’ombre. Son évolution est la partie la plus intéressante. Le reste, l’enquête de la gentille sage-femme et le fils cabotin à l’ambivalence sexuelle prononcée, donne une impression de mauvaises greffes, confirmée par un final d’une faiblesse assez incroyable (il faut bien boucler l’intrigue mise en place…). S’y ajoute une révélation, et l’on se retrouve avec une histoire racontée à l’envers, ou du mauvais point de vue (on se fout totalement du sort de la sage femme).
Le père Cronenberg est sur un mode mineur qui lui réussit peu. Ce que l’on retient de ces "Promesses de l’ombre" ne sont que fulgurances sanglantes comme marques d’auteur lourdement soulignées dans un morne récit en creux, et l’incroyable présence d’un Viggo Mortensen au corps sculptural. C’est une évolution de carrière comme une autre que de passer de la « nouvelle chair » à l’auscultation plus réaliste du corps dans la société. Cependant, devant l’indigence scénaristique (ah cette voix off de la prostituée morte…), on peut légitimement regretter les films viscéraux et audacieux dont Cronenberg avait le secret : "Videodrome", "La Mouche", "Le Festin Nu", "Crash"… paraissent bien loin. Et pour le film mafieux russe tragique, on se dirigera plutôt vers "Little Odessa". De délicieux poil à gratter hors normes le canadien est passé aux petits picotements inoffensifs de la série B pour intelligentsia. On parie qu’il s’amuse plus que nous.


