Les Promesses de l'ombre

Eastern promises

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



05 oct. 2007 Par Jean-Noël Nicolau Star Rating 8

Depuis longtemps déjà, et certainement depuis son History of violence, David Cronenberg est devenu une franchise du cinéma d’auteur dont chaque nouvelle œuvre apporte son lot de qualités constantes et de gimmicks familiers. Avec les Promesses de l’ombre, le canadien s’essaie à la chronique mafieuse, avec le minimalisme et le sens du grotesque qui le caractérisent. En résulte un thriller extrêmement tendu (au moins autant que History of violence), traversé de fulgurances glauques et de comique à froid.

Car ses Promesses sont structurées autour du sens de l’humour très particulier du monsieur. Avec pour meilleur exemple le personnage de Viggo Mortensen, caricature de la « gueule de tueur russe », dont on ne sait jamais s’il faut en rire ou s’en effrayer. En ne s’aventurant que rarement sur les terres du premier degré, Cronenberg désamorce le ridicule potentiel de son sujet et de ses personnages. Il triomphe ainsi du cabotinage frénétique de Vincent Cassell, parfait ici en bouffon slave gesticulant. Le décalage est encore plus flagrant lorsque les acteurs se retrouvent face à la belle Naomi Watts en pleine veine traumatique à la 21 Grammes.

C’est sur ce flou des intentions que le réalisateur nous cueille d’autant plus aisément. Le malaise est présent dans chaque coin des cadrages sublimes et la ténébreuse partition d’Howard Shore ne cesse d’annoncer une tragédie qui ne vient pas. L’auteur digresse et scrute longuement les yeux cruels de ce parrain improbable (génial Armin Mueller-Stahl).

C’est dans sa dernière partie que les Promesses de l’ombre plonge sans retenu dans l’univers du créateur de la « nouvelle chair ». Viggo Mortensen se met à nu, se fait longuement tatouer, avant de s’investir de manière épidermique dans un combat à mains nues qui renvoie ceux de la Vengeance dans la peau au rang de gentils enfantillages. L’uppercut est d’autant plus fort que, comme toujours avec Cronenberg, on l’aura attendu sans vraiment le prévoir. L’histoire peut alors s’épancher dans un lyrisme noir, le réalisateur a une nouvelle fois réussit son délit : son film ne ressemble à aucun autre.



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dodeskaden31/12/2007 01:13 par dodeskaden

Vu hier. Assez plaisant, mais le film pêche par son scénario pas très captivant. Rien que le fait que Nikolai soit un infiltré, j’ai pas bien vu l’intérêt. Ca “légitime” de manière inutile sa part d’humanité.Heureusement que les acteurs sont bons et que la réalisation est bien sympa. 7/10 C’est marrant parce [...] LIRE LA SUITE
Reznik11/12/2007 17:40 par Reznik

Mis à part le lèger sentiment d’avoir vu A History of violence 2 et bien je n’ai pas été déçu par Les Promesses…, mais pas époustouflé non plus. Cronenberg nous livre une fois encore un thriller sombre et très (trop?) maîtrisé. Toutefois le film pâtit d’une mise en scène un peu trop [...] LIRE LA SUITE
250111/12/2007 14:37 par 2501

J’ai beau chercher, je ne trouve pas le grotesque dans la violence de ce film Je le trouve dans l’accumulation, et l’exagération de la violence. Elle est crue, frontale, elle peut être terrifiante mais ne me semble pas totalement réaliste, passée par le filtre de ce pervers de Cronenberg. Ce n’est [...] LIRE LA SUITE

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