Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Exilé
Critique
S'il emprunte nombre de ses motifs au Western, "Exilé" est avant tout une déclaration d'amour de Johnnie To aux maestros du cinéma d'action Hong-Kongais des années 90. Pensé et articulé autour de cinq scènes d'action anthologiques inscrivant immédiatement le film au panthéon des films d'action les plus monumentaux jamais tournés, "Exilé" est une oeuvre-somme, truffée de citations, mais qui ne laisse jamais le spectateur sur le carreau.
Johnnie To filme le monde de la pègre Hong-Kongaise avec la mélancolie d'un John Woo dans "Le Syndicat du Crime" et sa suite : ses gangsters ont le sens de l’honneur, et choisissent en leur âme et conscience d'aider un ami et de sauver sa femme, mais surtout ils connaissent et acceptent leur condition de cadavres en sursis. Ils n'ont rien à perdre et errent donc en attendant la mort : ils se savent condamnés et hantent la nuit, tels des spectres avec des flingues. Et du milieu de la nuit Hong Kongaise, c'est donc naturellement que Johnnie To rappelle les maitres du western, en utilisant ses espaces (le désert, le point d’eau, le "saloon" de la fin du film) et ses motifs (l'or, l'harmonica, le whisky, les duels).
Au final, "Exilé" se révèle donc un prétexte à l’hommage et au jeu, au plaisir de filmer des duels digressifs après Sergio Leone, et des gunfights opératiques après John Woo. Et Johnnie To prouve aisément que des scènes sublimes peuvent jaillir de son néo-western. Des moments de composition parfaite, ultra-graphique, où le temps se dilate au fil d’une attente qui fait mijoter le spectateur jusqu’à l’explosion. Jouissif.
Johnnie To filme le monde de la pègre Hong-Kongaise avec la mélancolie d'un John Woo dans "Le Syndicat du Crime" et sa suite : ses gangsters ont le sens de l’honneur, et choisissent en leur âme et conscience d'aider un ami et de sauver sa femme, mais surtout ils connaissent et acceptent leur condition de cadavres en sursis. Ils n'ont rien à perdre et errent donc en attendant la mort : ils se savent condamnés et hantent la nuit, tels des spectres avec des flingues. Et du milieu de la nuit Hong Kongaise, c'est donc naturellement que Johnnie To rappelle les maitres du western, en utilisant ses espaces (le désert, le point d’eau, le "saloon" de la fin du film) et ses motifs (l'or, l'harmonica, le whisky, les duels).
Au final, "Exilé" se révèle donc un prétexte à l’hommage et au jeu, au plaisir de filmer des duels digressifs après Sergio Leone, et des gunfights opératiques après John Woo. Et Johnnie To prouve aisément que des scènes sublimes peuvent jaillir de son néo-western. Des moments de composition parfaite, ultra-graphique, où le temps se dilate au fil d’une attente qui fait mijoter le spectateur jusqu’à l’explosion. Jouissif.


