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Critique
The last king of Scotland dresse le terrifiant portrait d'Amin Dada, horrible dictateur qui a détruit son pays, l'Ouganda, et assassiné plus de 300 000 personnes. La démarche, celle de dénoncer ses atroces agissements est forte et louable. Tous les paradoxes de la personnalité du dictateur sont parfaitement saisis par le scénario et retranscrits par un impressionnant Forest Whitaker. Tour à tour, charismatique, chaleureux, cruel et froid, Amin Dada est dépeint dans toute sa monstruosité et le film évoque la souffrance d'un peuple qui a cru une nouvelle fois en son sauveur.
Pourquoi alors avoir introduit ce personnage blanc, occidental et fictif? Avait-on vraiment besoin de placer ce médecin dans le récit pour permettre l'émotion? Et pourquoi avoir rajouté cette « histoire d'amour » entre le jeune docteur et la femme d'Amin Dada? L'intrigue (certains éléments de l'histoire ont été romancés), en se recentrant sur son personnage, par ailleurs, difficilement appréciable, oublie les seconds rôles, laisse au second plan la vérité historique et force le spectateur à une identification plutôt mal venue avec le personnage. Le récit historique se suffisait à lui-même et ce rajout d'un protagoniste fictionnel semble inutile et prend trop de place dans le film.
Ainsi, The last king of Scotland voit sa force s'atténuer dans cet éparpillement et perd en crédibilité à force de tentatives pour gagner l'adhésion du spectateur à coup de manipulations (violons, ralentis, émotions surlignées, scènes redondantes) quand seule la simplicité était requise.


