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Critique
Interprété par Lino Ventura, Paul Meurisse et Michel Constantin, Le deuxième souffle signé par Jean-Pierre Melville au milieu des années 60 a inspiré les plus grands génies du septième art, de Martin Scorsese à John Woo. Quarante ans plus tard, le cinéaste Alain Corneau sert une relecture modernisée du scénario initial de José Giovanni.
La photographie signée Yves Angelo frappe aussitôt l’œil. Elle alterne l’excellence avec des images de nuit de toute beauté et l’affreux avec des couleurs rouges et vertes agressives qui donnent un aspect ringard et désuet au décor. Pour sa part, le réalisateur s’est laissé corrompre par un cinéma d’action qu’il apprécie visiblement mais qu’il ne maîtrise pas. Pâle contrefaçon du savoir faire de John Woo, les fusillades sont exécutées de manière assez lourde en imposant une violence gratuite et théâtrale filmée au ralenti. Outrancière et forcée, la direction artistique ne s’intègre pas vraiment à une histoire qui méritait davantage un certain classicisme que cette surenchère visuelle dégoulinante dans sa forme.
C’est avant tout cette théâtralisation et ce kitch qu’on retient et qui empêchent de s’impliquer dans ce qui aurait dû être un très beau film de gangsters au sens noble du terme. Le sujet du deuxième souffle reste fort entre d’une part le sens de l’honneur d’un bandit en cavale qui accepte un dernier hold-up pour s’enfuir à l’étranger avec la femme qu’il aime et d’autre part la machination imaginée pour la police pour le piéger. Mais le casting, pourtant flamboyant sur le papier, est un semi échec et ne sert pas pleinement la noirceur du récit. Dans la peau de Gu, truand vengeur qui se sacrifie pour sa dignité, Daniel Auteuil est un pâle successeur de Lino Ventura car il ne convainc jamais. Quant à Monica Bellucci, affreusement teintée en blonde, elle surjoue maladroitement dans un registre de femme fatale.
Plus à leur avantage, Michel Blanc et Jacques Dutronc développent le talent qui leur est connu dans le rôle d’un drôle de commissaire pour le premier et d’un cambrioleur élégant pour le second. Corneau aurait certainement dû les imiter car on n’attendait pas de lui qu’il a apporte tant d’excentricité à ce film noir à la suroffre graphique déplacée.
La photographie signée Yves Angelo frappe aussitôt l’œil. Elle alterne l’excellence avec des images de nuit de toute beauté et l’affreux avec des couleurs rouges et vertes agressives qui donnent un aspect ringard et désuet au décor. Pour sa part, le réalisateur s’est laissé corrompre par un cinéma d’action qu’il apprécie visiblement mais qu’il ne maîtrise pas. Pâle contrefaçon du savoir faire de John Woo, les fusillades sont exécutées de manière assez lourde en imposant une violence gratuite et théâtrale filmée au ralenti. Outrancière et forcée, la direction artistique ne s’intègre pas vraiment à une histoire qui méritait davantage un certain classicisme que cette surenchère visuelle dégoulinante dans sa forme.
C’est avant tout cette théâtralisation et ce kitch qu’on retient et qui empêchent de s’impliquer dans ce qui aurait dû être un très beau film de gangsters au sens noble du terme. Le sujet du deuxième souffle reste fort entre d’une part le sens de l’honneur d’un bandit en cavale qui accepte un dernier hold-up pour s’enfuir à l’étranger avec la femme qu’il aime et d’autre part la machination imaginée pour la police pour le piéger. Mais le casting, pourtant flamboyant sur le papier, est un semi échec et ne sert pas pleinement la noirceur du récit. Dans la peau de Gu, truand vengeur qui se sacrifie pour sa dignité, Daniel Auteuil est un pâle successeur de Lino Ventura car il ne convainc jamais. Quant à Monica Bellucci, affreusement teintée en blonde, elle surjoue maladroitement dans un registre de femme fatale.
Plus à leur avantage, Michel Blanc et Jacques Dutronc développent le talent qui leur est connu dans le rôle d’un drôle de commissaire pour le premier et d’un cambrioleur élégant pour le second. Corneau aurait certainement dû les imiter car on n’attendait pas de lui qu’il a apporte tant d’excentricité à ce film noir à la suroffre graphique déplacée.


