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Critique
Le point de départ de "Très bien, merci" est simple et c'est là l'une de ses forces: Alex, quadragénaire un peu irascible, quelque peu insoumis et qui en a surtout ras-le-bol des différentes "petites" entraves que peut faire l'Etat à sa liberté, met, un soir, presque par hasard, le doigt dans l'engrenage infernal. Il scrute avec insistance un contrôle d'identité et essaie "de comprendre". Et se fait embarquer comme un malfaiteur en puissance.
Dès lors, la machine s'emballe. Jugé bizarre dans sa volonté farouche de "faire valoir ses droits", devenu un dangeureux contestataire aux yeux d'une société paranoïaque, cherchant sans cesse à alimenter son propre délire, l'homme est dirigé manu militari vers un psychiatre. La psychiatrie travaille main dans la main avec les forces de police, l'incompétence des uns couvrant l'excés de zèle des autres, remettre les pauvres gens dans le droit chemin de l'obéissance silencieuse à grands coups de matraques ou de neuroleptiques revenant finalement plus ou moins au même. Cet enchaînement d'absurdités et autres raccourcis, digne de Kafka, serait comique si les conséquences pour notre malheureux héros n'étaient pas aussi tragiques.
L'une des grandes forces de "Très bien, merci" est de ne pas donner de repères temporels, laissant au spectateur la liberté de juger si il s'agit de totale science-fiction ou d'une situation qui pourrait se dérouler dans notre société actuelle. Sous une apparence détachée et parfois très drôle dans son point de vue de cinéaste, Emmanuelle Cuau parvient à signer un film profondément politique et contestataire. La puissance de sa démonstration n'utilise pas le pathos, la dénonciation lourde ou la caricature facile.
Gilbert Melki est, comme souvent, simplement excellent, tour à tour angoissé et angoissant, agresseur et agréssé et Sandrine Kiberlain est irréprochable.
Le film exhale une agressivité latente, un climat de suspicion constant envers autrui, un isolement social profond. Une société sécuritaire profondément malade et pathétiquement ubuesque. Alors que l'on multiplie les contrôles d'identité sans justification ni réél autre objectif que de montrer que l'Etat veille, on a même pas idée de vérifier les diplômes des gens bien placés ou bien nés. La morale de "Très bien, merci" est asséné simplement mais avec la puissance d'un avertissement. Dans une telle société, seuls les tricheurs s'en sortent bien...
Dès lors, la machine s'emballe. Jugé bizarre dans sa volonté farouche de "faire valoir ses droits", devenu un dangeureux contestataire aux yeux d'une société paranoïaque, cherchant sans cesse à alimenter son propre délire, l'homme est dirigé manu militari vers un psychiatre. La psychiatrie travaille main dans la main avec les forces de police, l'incompétence des uns couvrant l'excés de zèle des autres, remettre les pauvres gens dans le droit chemin de l'obéissance silencieuse à grands coups de matraques ou de neuroleptiques revenant finalement plus ou moins au même. Cet enchaînement d'absurdités et autres raccourcis, digne de Kafka, serait comique si les conséquences pour notre malheureux héros n'étaient pas aussi tragiques.
L'une des grandes forces de "Très bien, merci" est de ne pas donner de repères temporels, laissant au spectateur la liberté de juger si il s'agit de totale science-fiction ou d'une situation qui pourrait se dérouler dans notre société actuelle. Sous une apparence détachée et parfois très drôle dans son point de vue de cinéaste, Emmanuelle Cuau parvient à signer un film profondément politique et contestataire. La puissance de sa démonstration n'utilise pas le pathos, la dénonciation lourde ou la caricature facile.
Gilbert Melki est, comme souvent, simplement excellent, tour à tour angoissé et angoissant, agresseur et agréssé et Sandrine Kiberlain est irréprochable.
Le film exhale une agressivité latente, un climat de suspicion constant envers autrui, un isolement social profond. Une société sécuritaire profondément malade et pathétiquement ubuesque. Alors que l'on multiplie les contrôles d'identité sans justification ni réél autre objectif que de montrer que l'Etat veille, on a même pas idée de vérifier les diplômes des gens bien placés ou bien nés. La morale de "Très bien, merci" est asséné simplement mais avec la puissance d'un avertissement. Dans une telle société, seuls les tricheurs s'en sortent bien...


