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Critique
Le sujet de cette comédie tient en deux mots : dans un appartement de 320 m2, dont le loyer obéit à la loi de 1948, une joyeuse bande menée par Laetitia Casta est menacée d'expulsion par une propriétaire cupide (Noémie Lovsky) Une idée diluée sur deux heures qui s'égare de digressions en longueurs au point qu'on en oublie où on voulait en venir. Quand le réalisateur, par l'entremise de d'Adrien (Pierre Arditi) jouant un réalisateur, se met à tourner d'interminables scènes de french cancan dans l'appartement, on a quitté le sujet depuis longtemps.
Parmi les cohabitants de cet appartement immense de la rive gauche de Paris, Francesca et Martin (Mathieu Amalric), leur fille, la sur de Francesca et ses copines, celle de Martin, une grand-mère sur deux et un squatteur vedette pour distraire la galerie : Adrien, réalisateur et artiste, grand fornicateur devant toute femme versée dans la nourriture, la fromagère ou la marchande des quatre saisons.
L'atmosphère du film est totalement idéalisée, tout le monde il est beau et gentil et serviable, même le patron du bar (Pierre Lescure, curiosité du casting) est comme de la famille Un tableau idyllique à mille lieux de la réalité speed et stressée de la capitale.
Devant la lâcheté de son époux, c'est la belle et courageuse Francesca qui va prendre le dossier d'expulsion en main et remplacer elle-même l'avocat Laetitia Casta interprète cette héroïne de la vie moderne avec un grand souci du détail du réalisateur pour qu'elle n'ait pas l'air d'un top model : absence de maquillage, robes à fleurettes, petits gilets, dessous en coton blanc Petit Bateau et poils sous les bras qui ont fait jaser
Les situations mollement vaudevillesques tiennent lieu de scénario : l'infidélité du mari fidèle en Italie avec Mathieu Amalric plutôt mal à l'aise dans la comédie, les conquêtes multiples d'Adrien, Pierre Arditi surjouant à mort un personnage caricaturé mais parfois désopilant. Le regard de Pascal Thomas sur les hommes et les femmes est assez consternant : les hommes lâches et obsédés sexuels, les femmes portant la culotte quand elles ne l'enlèvent pas aussitôt pour devenir nymphos Une comédie à l'ancienne qui ne s'embarrasse pas de psychologie par le réalisateur de «Pleure pas la bouche pleine» et «Le Chaud lapin» dans les années 70.
C'est un film nostalgique du cinéma de papa, dépeignant une qualité de vie révolue, en quête que tout soit sympa à tout prix... Un Paris sur cinéma peint en rose Demy, longuet et peu crédible, avec quelques scènes amusantes imputables au seul Pierre Arditi Abordable comme une métaphore de la mort du cinéma français, ce «Paris chante-t-il?» qu'Adrien tourne dans le grand appartement n'existe pas plus que le renouveau du cinéma hexagonal


