The Thing

Thing (The)

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04 aoû. 2004 Par Julien Welter Star Rating 9

En introduction de cette critique, un salut au chargé de programmation de la sixième chaîne hertzienne qui, avec ses fameux « Jeudis de l'angoisse », a su combler le désert télévisuel des non abonnés aux chaînes cryptées ou câblées. Dans cette case qui a diffusé les Freddy aussi bien que les (pires) adaptations de Stephen King, cet inconnu avait réussi à mettre en place un intéressant contre-cinéma de minuit spécialisé dans les séries B horrifiques contemporaines. Largement mis à profit pour combler cette espace, les longs métrages de John Carpenter y ont sûrement acquis la reconnaissance qu'ils ont aujourd'hui (ce n'est qu'une théorie personnelle). Et parmi les nombreuses rediffusions de Christine ou d'Halloween, The Thing s'est imposé comme la plus grande réussite du cinéaste tant il pousse loin l'art de l'ellipse.

D'ailleurs, tout commence par un vide, un creux laissé par The thing form another world, réalisé en 1951 par Christian Nyby et, en sous main, Howard Hawks. Ce « monster movie » classique, laisse en effet une empreinte cinématographique chez le jeune Carpenter. Le monstre d'alors n'est qu'une chose humanoïde, contre lequel on se barricade en vain puisque la porte s'ouvre vers l'intérieur (la scène située en fin de film est hilarante) ; mais trente ans plus tard, le réalisateur décidera quand même d'établir un pont avec ce souvenir. Il dévoile son acte lors de la visite de Kurt Russell dans la base norvégienne. Le nihiliste barbu, pendant fictionnel de Carpenter, découvre un cercueil de glace dans lequel se dessine une empreinte indicible, celle qui marqua le futur cinéaste. Après avoir donné une vision moderne du western dans Assaut, le réalisateur se place à nouveau devant les restes du cinéma de son enfance et entame un dialogue de cinéphage. Quelle pourrait être la forme d'un monstre de nos jours, maintenant que la vision de celui-ci n'a plus la surprise charmante de l'âge d'or ? Quelle présence pourrait encore effrayer ?

Ces interrogations se traduisent dans le film par une paradoxale série d'absences. Absence d'explication d'abord, sur le pourquoi d'une chasse au chien-loup, armé d'un fusil à lunette. Ce renversement des proportions provoque le malaise, et ce malaise excise une ouverture fantastique dans le réel. Absence de héros ensuite, puisque Kurt Russell n'assumera ce rôle qu'au bout d'une demi-heure et dans le seul but de sauver sa propre vie. Absence de point de vue enfin, qui permet de traiter en ellipse tous les évènements fondateurs. Dans cette avancée anarchique, seule compte alors la contagion de l'effroi à la limite même du vraisemblable puisque, et ce n'est qu'un exemple, le problème de l'accès à la réserve du sang n'a toujours pas été résolu.

À l'intérieur de ce récit flottant, John Carpenter oppose alors l'homme et le monstre. Pour ce dernier, au vu sûrement de la multiplication des sous-genres horrifiques et dans la continuité de son dialogue cinématographique, il opte pour une autre absence, celle de la forme. Se nourrissant des êtres environnants, la chose se distingue par sa difformité. Visqueux et sec, plissé et acéré, agressif et défensif, le monstre ne dévoile d'accrocheur qu'un œil fixant le spectateur du fond des chairs. Parce qu'inidentifiable, seul le sentiment impalpable et incontrôlable de sa présence enclenche la peur. Comme si Carpenter avait mis en images le réflexe de Pavlov du cinéma d'épouvante.

Reste alors l'effroi, ce pic de dégoût qui surmonte toute montée de frayeur. Le réalisateur de Prince des ténèbres le dispense dans la défaite de l'Homme, le seul être auquel peut s'identifier le spectateur dans le film. Plus qu'un simple combat perdu, c'est un déchaînement sadique qui se déroule sous nos yeux : un cou qui s'étire jusqu'au déchirement, un ventre béant aux dents acérées, des bras croqués à la moitié, des joues absorbées. Si le froid du récit avait anesthésié les parties nerveuses, les pics gore agissent comme des lacérations du nerf optique et rendent douloureusement palpable pour l'audience la fragilité de la chair.

Depuis maintenant quatre ans que John Carpenter est absent (beaucoup plus, diront les mauvaises langues), une présence ironique manque dans le cinéma de genre américain. Qui, à part lui, pourrait aujourd'hui oser un « Je t'emmerde ! » comme réplique finale du héros au monstre ? Malheureusement ingéré et digéré par Hollywood, le cinéaste ne semble plus qu'un souvenir que les fans ravivent à coups de jeux vidéo ou de mini séries-séquelles comme celle que prépare actuellement Frank Darabont. Dommage, sa présence nous manque.



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Francis Moury :

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Ilan Ferry :

Star Rating 10
Big John signe certainement là son film le plus effrayant et ambitieux intégrant parfaitement les élements du film original au sein de son univers composé de peurs indicibles. Un must !

Patrick Antona :

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Bruno Laurent :

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Stéphane Argentin :

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Un must absolu du trouillomètre zéro.

Sandy Gillet :

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Laurent Pécha :

Star Rating 10
Le meilleur remake du monde. Une Å“uvre qui n’en finit pas de terrifier. Le huis clos parfait. L’un des films qu’il faut avoir vu avant de mourir. Le message est-il assez clair ?

Nicolas Thys :

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Vincent Julé :

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Didier Verdurand :

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Le Gluon07/01/2012 22:48 par Le Gluon

Bref, au fil des visionnages, The Thing s’impose pour moi comme le film d’épouvante par excellence. Et du coup, je me demande si ça vaut la peine que je jette un oeil (tout en maintenant ma tête collée à mon tronc, merci) sur le remake/prequel sorti il y a peu… [...] LIRE LA SUITE
oxo07/01/2012 17:51 par oxo

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La Rédaction27/10/2007 14:55 par La Rédaction

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