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Anna M.
Critique
Le thème de l'érotomanie a décidément le don pour inspirer nos cinéastes français. En effet, aprés le raté "A la folie, pas du tout" de Laetitia Colombani en 2002, c'est au tour de Michel Spinosa de s'intéresser à cette maladie psychiatrique méconnue.
Décrite par De Clérembault, cette psychose consiste en un délire interprétatif où le sujet (souvent de sexe féminin) croit dur comme fer être aimé par quelqu'un (en général un homme haut placé socialement). Le sujet passe alors par tous les stades, de l'espoir à la désillusion, la rancoeur, et parfois même le passage à l'acte (suicide ou agression).
Description réaliste, crédible de la progression d'une maladie mentale au sein d'une psychée déjà fragile, chronique quasi-clinique du naufrage qu'est en train de vivre Anna M., le film emporte son spectateur dans un tourbillon de sentiments ambigus envers son "héroïne". Spinosa prend son temps pour décrire, sans dénaturer à un seul instant la réalité médicale de la maladie, toutes les étapes par lesquelles Anna passe avant de sombrer dans la violence pure. Il créé par la même occasion un climat angoissant éprouvant car l'on ne peut s'empêcher de penser, tout au long du film, que le pire est à venir(la scéne où Anna fait la baby-sitter est à ce titre un sommet d'angoisse mémorable).
Un tel projet exigeait pour sa réussite une interprétation irréprochable et force est de constater que la prestation des acteurs va bien au-delà de nos espérances. Isabelle Carré, qui jouait déjà dans le film de Colombani mais dans un rôle de victime, impressionne, glaçante de vérité, tour à tour pathétique, inquiétante, séductrice, manipulatrice. Un rôle à la mesure d'une actrice incroyable, qui n'a de cesse d'étonner le spectateur avec des rôles de plus en plus complexes, de plus en plus éprouvants. Gilbert Melki est quand à lui parfait, comme d'habitude.
Au final, "Anna M." fait beaucoup plus penser au "Répulsion" de Roman Polanski que à "A la folie, pas du tout". Michel Spinosa a su garder la sobriété et la maîtrise nécessaire à l'installation d'un climat anxiogène très puissant.
Et comme Isabelle Carré irradie le film de son immense talent d'interprète, on ne pourra s'empêcher de voir en "Anna M." une réussite totale.
Décrite par De Clérembault, cette psychose consiste en un délire interprétatif où le sujet (souvent de sexe féminin) croit dur comme fer être aimé par quelqu'un (en général un homme haut placé socialement). Le sujet passe alors par tous les stades, de l'espoir à la désillusion, la rancoeur, et parfois même le passage à l'acte (suicide ou agression).
Description réaliste, crédible de la progression d'une maladie mentale au sein d'une psychée déjà fragile, chronique quasi-clinique du naufrage qu'est en train de vivre Anna M., le film emporte son spectateur dans un tourbillon de sentiments ambigus envers son "héroïne". Spinosa prend son temps pour décrire, sans dénaturer à un seul instant la réalité médicale de la maladie, toutes les étapes par lesquelles Anna passe avant de sombrer dans la violence pure. Il créé par la même occasion un climat angoissant éprouvant car l'on ne peut s'empêcher de penser, tout au long du film, que le pire est à venir(la scéne où Anna fait la baby-sitter est à ce titre un sommet d'angoisse mémorable).
Un tel projet exigeait pour sa réussite une interprétation irréprochable et force est de constater que la prestation des acteurs va bien au-delà de nos espérances. Isabelle Carré, qui jouait déjà dans le film de Colombani mais dans un rôle de victime, impressionne, glaçante de vérité, tour à tour pathétique, inquiétante, séductrice, manipulatrice. Un rôle à la mesure d'une actrice incroyable, qui n'a de cesse d'étonner le spectateur avec des rôles de plus en plus complexes, de plus en plus éprouvants. Gilbert Melki est quand à lui parfait, comme d'habitude.
Au final, "Anna M." fait beaucoup plus penser au "Répulsion" de Roman Polanski que à "A la folie, pas du tout". Michel Spinosa a su garder la sobriété et la maîtrise nécessaire à l'installation d'un climat anxiogène très puissant.
Et comme Isabelle Carré irradie le film de son immense talent d'interprète, on ne pourra s'empêcher de voir en "Anna M." une réussite totale.


