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Critique
Retour au pays pour Florent Emilio Siri après une escapade hollywoodienne réussie (il a quand même redonné une crédibilité à Bruce Willis), et petit changement de cap, puisque s'il reste dans le film de genre, il va ici au delà avec cet Ennemi intime dénonciateur de la guerre d'Algérie.
Cette période de l'histoire française a longtemps été oubliée par le cinéma hexagonal (comme tout sujet un tant soit peu polémique), et Siri prend lui le sujet à bras le corps en essayant d'en traiter tous les aspects. Ainsi, Siri signe avant tout un film d'hommes. Des hommes plongés au coeur d'une guerre qui n'en porte pas le nom et qui opposent des camps qui ont bien à plus à partager qu'à s'opposer. L'absurdité du conflit est parfaitement retranscrite de même que les conséquences de la guerre sur ceux qui la font, à travers le point de vue de Terrien (excellent Magimel), jeune idéaliste qui deviendra ce qu'il détestait à son arrivée. Sa relation avec Dougnac (Dupontel, habité comme à son habitude) est le moteur d'un scénario qui a l'intelligence d'éviter l'opposition attendue entre les deux hommes.
Le scénario est d'ailleurs le point fort du film malgré quelques éléments prévisibles, typiques du film de guerre. Jamais le film ne céde à la facilité du spectaculaire et s'attache avant tout à la mission de ces hommes et à leurs ressentis au gré des ordres incohérents, des tortures et autres absurdités. Pour autant, L'ennemi intime propose quelques séquences de guerre venant assoir le talent de Siri en terme de mise en scène de l'action. Son sens du découpage et du montage pour créer un sentiment d'étouffement font merveille, notamment dans l'assaut soudain de la forêt, court mais intense. Pour le reste Siri livre une réalisation sobre mais parfaitement maîtrisée, dotée d'une photographie aux couleurs crues recréant l'arridité du décor algérien.
Avec des références évidentes à quelques classiques du genre qui ne viennent jamais phagocyter son film, Siri livre un film de guerre complet, au ton aussi humaniste que tristement déséspéré et réaliste.
Cette période de l'histoire française a longtemps été oubliée par le cinéma hexagonal (comme tout sujet un tant soit peu polémique), et Siri prend lui le sujet à bras le corps en essayant d'en traiter tous les aspects. Ainsi, Siri signe avant tout un film d'hommes. Des hommes plongés au coeur d'une guerre qui n'en porte pas le nom et qui opposent des camps qui ont bien à plus à partager qu'à s'opposer. L'absurdité du conflit est parfaitement retranscrite de même que les conséquences de la guerre sur ceux qui la font, à travers le point de vue de Terrien (excellent Magimel), jeune idéaliste qui deviendra ce qu'il détestait à son arrivée. Sa relation avec Dougnac (Dupontel, habité comme à son habitude) est le moteur d'un scénario qui a l'intelligence d'éviter l'opposition attendue entre les deux hommes.
Le scénario est d'ailleurs le point fort du film malgré quelques éléments prévisibles, typiques du film de guerre. Jamais le film ne céde à la facilité du spectaculaire et s'attache avant tout à la mission de ces hommes et à leurs ressentis au gré des ordres incohérents, des tortures et autres absurdités. Pour autant, L'ennemi intime propose quelques séquences de guerre venant assoir le talent de Siri en terme de mise en scène de l'action. Son sens du découpage et du montage pour créer un sentiment d'étouffement font merveille, notamment dans l'assaut soudain de la forêt, court mais intense. Pour le reste Siri livre une réalisation sobre mais parfaitement maîtrisée, dotée d'une photographie aux couleurs crues recréant l'arridité du décor algérien.
Avec des références évidentes à quelques classiques du genre qui ne viennent jamais phagocyter son film, Siri livre un film de guerre complet, au ton aussi humaniste que tristement déséspéré et réaliste.

