Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Critique
Renouveler le cinéma d'action n'est pas une mince affaire. Du coup, ce n'est pas un mais deux réalisateurs qui s'y collent pour essayer de relever ce pari audacieux. Deux inconnus donc, certainement issus du milieu du clip car dès les premières images nous avons droit à une caméra épileptique et parkinsonienne.
L'idée de départ est d'une simplicité confondante, pas complètement idiote mais décomplexé du bulbe, assurément. Un tueur à gages est empoisonné par un petit truand et s'il ne veut pas mourir il doit maintenir son taux d'adrénaline au plus haut.
Tout ceci n'est qu'un prétexte pour enfiler des scènes d'action à une vitesse échevelée et sans temps mort jusqu'à la fin. L'action justement, parlons en. Il y en a peu, elle est souvent mal filmée. La faute à des scènes qui abusent d'accélérés ou de ralentis intempestifs et d'un taux d'images/secondes inégalé à ce jour. C'est illisible parfois, confus souvent. On peut justifier ce rythme de fou par le thème même du film, à savoir que si le héros (campé par un Jason Statham aux abonnés absents) s'arrête ou ralenti, son cur aussi et c'est la mort assurée. Du coup, les réalisateurs agitent leur caméra dans tous les sens pour nous faire croire qu'il se passe sans cesse quelque chose.
Ils n'hésitent pas non plus à enchaîner les poncifs et autres clichés en tout genre. C'est un melting-pot, parfois indigeste, de tout. La musique par exemple : on a droit en 1h30 à du hard rock, du punk, de la musique latino, de l'electro
On n'échappe malheureusement pas au filtre jaune, marque déposée de Michael Bay.
Jason Statham est azimuté complet pendant toute la durée du métrage, prend à peu près toutes les drogues qui existent sur Terre, défonce un chauffeur de taxi, un brancardier, un caissier.
A ce titre, une scène dépasse l'entendement : après avoir éjecté un chauffeur de taxi de son véhicule, Statham crie Al-Qaida et tous les passants alentours se jette sur le pauvre homme et le roue de coups. Il faut le voir pour le croire. Et le pire dans tout ça, c'est que c'est vulgaire.
On nous gratifie quand même de quelques plans gores. Le réalisateur doit d'ailleurs avoir un problème avec les mains car c'est la partie de l'anatomie qui souffre le plus ici : doigts arrachés, main tranchée, encore une main transpercée
Sans rien dévoiler, on peut dire que la scène finale est affligeante de débilité mais comme ce n'est pas la seule, on pardonne tout à ce moment là du film à ces deux clippeurs pas très doués, surtout si l'on a réussi à aller jusque là.
Au final, un film qui se laisse regarder mais qui n'exploite pas assez son idée de départ. Deux réalisateurs qui n'auront certainement pas une grosse carrière à la vue de leur premier essai, non transformé. Un Jason Statham en roue libre et une Amy Smart qui joue les faire-valoir. Le seul point positif du film c'est qu'il ne se prend jamais au sérieux.


