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Critique
Autant vous avertir dire tout de suite : économisez votre temps et votre argent !
"L'illusionniste" de Neil Burger est une grosse déception qui paraît d'autant plus pâle qu'il sort dans le sillage du formidable "The Prestige" de Christopher Nolan.
Le thème de la magie et de l'illusion en d'autres siècles semble être à la mode par ces temps contemporains de dure réalité mondiale (pollution galopante, fracture sociale, guerre de religions, terrorisme, ...).
Du coup, n'importe quel scénariste quasi-inconnu (Neil Burger) se croît assez doué pour prendre les commandes de son joli scénario qui promet des beaux numéros magiques (avec abus d'effets numériques anachroniques), du romantisme à gogo (aah, l'amour impossible qui fait battre les coeurs), de l'affrontement à la cour viennoise (le prince n'est pas toujours charmant ?!), ...
C'est une véritable catastrophe de constater que ce film n'arrive jamais à convaincre le spectateur d'être bien au cinéma ! Malgré les moyens conséquents qu'il a eu pour monter son film (décors très viennoiserie-chantilly, costumes sans doute fidèles, nombreux effets spéciaux donnant presque l'illusion de n'être pas spécialement... spéciaux), Neil Burger ne parvient jamais à donner de l'ampleur à sa mise en scène qui, du coup, ne fait aucun mystère sur son incompétence en matière de réalisation.
La scénographie des numéros de magie reste terriblement plate et décevante : encore une fois, il faut souligner l'extrême incongruité des trucages numériques utilisés, apparaissant tellement fabriqués par ordinateur que l'on se demande constamment si les programmeurs ne se sont pas trompé d'époque en voulant faire concurrence à téléportation de "Star Trek" !
Parlons aussi du semblant de direction d'acteur qui laisse la porte ouverte au mauvais cabotinage de Rufus Sewell (le Prince Leopold), aussi crédible en méchant qu'un figurant essayant de se faire remarquer, à l'introspection figée d'Edward Norton (Eisenheim l'illusionniste), qui peine à faire croire à une quelconque puissance de manipulation positive (!), et au jeu parfaitement insipide de Jennifer Biel (la Princesse Sophie), comédienne sans charisme aucun.
Seul Paul Giamatti réussit à faire vivre un tant soit peu son personnage d'Inspecteur Chef Uhl en lui donnant une consistance et un acharnement plutôt bienvenus.
Et que dire du pauvre compositeur Philip Glass, à qui l'on doit les superbes musiques de "Mishima", "Candyman" et la trilogie "Qatsi", qui a bien du mal à ne pas se paraphraser à longueur d'un musique sans inspiration.
Le niveau général est donc tout juste digne d'un bon téléfilm classieux (dans le genre "Jack l'Eventreur" avec Michael Caine, quoi que celui-ci est autrement plus réussi).
Franchement Neil Burger aurait dû faire relire son scénario à ses amis, il aurait ainsi pu réaliser qu'il est très peu passionnant et aurait ainsi évité de se croire cinéaste.
Le premier Flop de l'année 2007 !


