Jean de La Fontaine, le défi

Jean de La Fontaine, le défi

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24 mar. 2007 Par Julien Dury Star Rating 5

D'abord, il y a ce titre. Difficile de ne pas ressentir un minimum de sympathie devant un film qui porte un nom aussi absurde que Jean de la Fontaine, le défi. Pourquoi pas James Joyce, la vengeance ? Ou Martin Heidegger et Hanna Arendt, l'amour au temps de Dachau ? Bref, voilà qui donne au long-métrage un petit côté désespéré qui rappellera sûrement votre camarade de lycée qui louchait ou qui portait des chemisettes rentrées dans le pantalon. Vous l'aimiez bien, quand même. Fort heureusement, les cent minutes qui suivent font honneur à cette première impression. On connaît le danger de ce genre de projet destiné à exciter les professeurs de français ménopausées et à punir les malheureux élèves entraînés en sortie scolaire imposée.

C'est la prétention de rendre justice à un grand artiste lorsqu'on ne sait que faire des films médiocres. S'ajoute ici la volonté de souligner le côté libre et dégagé de La Fontaine qui consacre une scène à reprocher à son ami Racine d'avoir accepté une place d'historiographe royal au dépens de sa carrière théâtre. Pourtant, le film ne fait rien d'autre en déroulant l'hommage le plus académique possible à la figure type du Grand Écrivain Part Du Patrimoine National. Il y a donc obligation pour le héros d'écrire une fable toutes les vingt minutes du métrage. Peu importe que le texte n'ait rien à voir avec l'action interrompue (baiser, se promener à la campagne), il faut bien rentrer dans la postérité.

Mais nous voici bien aigre devant un film que nous avions assurés de notre sympathie. Il y a en effet un élément rédempteur dans Jean de la Fontaine, et c'est sa profonde bêtise. Sur ce plan, on ne peut que rendre hommage à un casting improbable. Passe encore sur Julien Courbey en Molière, mais comment résister à la vision de Jean-Claude Dreyfus à moitié nu et en train de poursuivre la nymphette dans un jardin nocturne ? Au mouvement de sourcil gauche que Philippe Torreton laisse échapper à la 54ème minute pour nous faire comprendre que le personnage de Colbert n'est pas un rigolo ? Voilà de la vraie stupidité joyeusement assumée. Pas de cette idiotie mesquine et médiocre qui se donne trop souvent à voir au quotidien.

Le plus étonnant reste pourtant la sagesse de la morale du film. À voir le héros inventer des poésies pour se faire entretenir par des marquises, on en déduit l'évidence. Le mauvais auteur écrit pour plaire au pouvoir tandis que le bon le fait pour plaire aux femmes.



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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