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Critique
"Tirez sur le pianiste" est un film étonnant, de la part de François Truffaut, si l'on songe qu'il vient juste après le coup d'essai (et de maître) que constituent "Les 400 coups". Mais le goût du cinéaste pour les polars américains est bien réel : il y reviendra jusque dans son dernier film, "Vivement dimanche!" (1983).
Cet étonnement que peut d'abord susciter "Tirez sur le pianiste" est donc plutôt un bon point : ce film n'a pas grand chose en commun avec "Les 400 coups" et c'est tant mieux, car Truffaut évite ainsi le fameux "piège du deuxième film" (c'est-à-dire le risque de la redite), souvent fatal à plus d'un cinéaste. Tout au plus peut-on déceler chez Aznavour (quasiment "cartoonesque") une espièglerie qui n'est pas sans rappeler celle du petit Antoine Doinel.
La bonne surprise, ici, c'est la forme-même du film : on est plus proche du Godard d'"A bout de souffle" (dont Truffaut a écrit le scénario) que des "400 coups".
Le ton novateur de "Tirez sur le pianiste" vieillit bien. Il souffle sur le film un vent de liberté, Truffaut n'hésitant pas à faire prendre à son oeuvre des embardées qu'on pourrait croire contradictoires : sans complexe, on passe de la comédie pure au drame, du burlesque au polar... Il y a même un délicieux moment musical, avec l'exquis Bobby Lapointe.
Tous ces genres sont brassés avec une légèreté et une maestria qui ravissent le spectateur. C'est en cela que le film évoque l'univers de Godard (ce dernier développera d'ailleurs ce "style" sur plusieurs films, contrairement à Truffaut, qui reviendra plus souvent à un certain classicisme, déjà décelé dans "Les 400 coups").
Le sentiment final, quand s'achève "Tirez sur le pianiste", est que nous sommes devant une oeuvre poétique (car très libre). L'interprétation y est d'ailleurs pour beaucoup : les acteurs font, en effet, preuve d'une fantaisie réjouissante et très communicative, qui confère au film une légèreté qu'on savoure avec le même plaisir, près de 50 ans après sa sortie.
Cet étonnement que peut d'abord susciter "Tirez sur le pianiste" est donc plutôt un bon point : ce film n'a pas grand chose en commun avec "Les 400 coups" et c'est tant mieux, car Truffaut évite ainsi le fameux "piège du deuxième film" (c'est-à-dire le risque de la redite), souvent fatal à plus d'un cinéaste. Tout au plus peut-on déceler chez Aznavour (quasiment "cartoonesque") une espièglerie qui n'est pas sans rappeler celle du petit Antoine Doinel.
La bonne surprise, ici, c'est la forme-même du film : on est plus proche du Godard d'"A bout de souffle" (dont Truffaut a écrit le scénario) que des "400 coups".
Le ton novateur de "Tirez sur le pianiste" vieillit bien. Il souffle sur le film un vent de liberté, Truffaut n'hésitant pas à faire prendre à son oeuvre des embardées qu'on pourrait croire contradictoires : sans complexe, on passe de la comédie pure au drame, du burlesque au polar... Il y a même un délicieux moment musical, avec l'exquis Bobby Lapointe.
Tous ces genres sont brassés avec une légèreté et une maestria qui ravissent le spectateur. C'est en cela que le film évoque l'univers de Godard (ce dernier développera d'ailleurs ce "style" sur plusieurs films, contrairement à Truffaut, qui reviendra plus souvent à un certain classicisme, déjà décelé dans "Les 400 coups").
Le sentiment final, quand s'achève "Tirez sur le pianiste", est que nous sommes devant une oeuvre poétique (car très libre). L'interprétation y est d'ailleurs pour beaucoup : les acteurs font, en effet, preuve d'une fantaisie réjouissante et très communicative, qui confère au film une légèreté qu'on savoure avec le même plaisir, près de 50 ans après sa sortie.


