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Critique
Little miss sunshine
Vainqueur du prix du jury au dernier festival de Deauville, Little miss sunshine représente aujourd'hui se qu'il se fait de mieux dans la comédie américaine indépendante, voire la comédie américaine tout court.
A travers le périple d'une famille haute en couleur pour faire participer la fille à un concours de miss, ce road movie propose son lot de situations drôlissimes, de personnages attachants et d'émotion.
L'humour joue donc sur tous les plans, que ce soit les dialogues, du grand père ou de l'oncle Frank (en décalage avec son entourage) ou les obstacles rencontrées par la famille pour arriver en Californie: la transport du corps du grand père est ainsi un grand moment, tout comme chaque démarrage du combi, ou encore la scène de danse finale.
Mais surtout le film s'appuie sur une galerie de personnages, dont aucun n'est laissé de côté (comme ça peut parfois être le cas) et tous connaissent une évolution au fil du film, ne restant pas campé sur leur présentation initiale. Ils sont tous parfaitement interprétés, entre un Greg Kinnear, omnubilé par les 9 points de sa méthode de réussite personnelle, ou Steve Carrell, en dépressif spécialiste de Proust, aux pointes d'humour cinglantes.
Si le scénario propose sans surprise une implosion familiale qui finira par rentrer dans l'ordre, le chemin parcouru est particulièrement plaisant, et le ton positif des plus agréable.
Enfin, les deux réalisateurs distillent quelques touches d'émotion, sur lesquelles ils ont l'intelligence de ne pas insister, leur confèrant dès lors justesse et sensibilité.
Little miss sunshine n'a donc pas volé sa récompense en Normandie. Malgré un scénario quelque peu prévisible, cette petite comédie drôle, touchante et pleine de fraîcheur est une belle réusite.


