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Critique
Little Miss Sunshine avait tout pour tomber dans le piège du film indépendant américain typique.
Ces premiers films de petits génies venus du clip ou de la TV qui s'enferment maintenant quasi-systématiquement dans un refoulement du style au profit de petites installations astucieuses, mais sèches et tournant souvent à vide. Une certaine idée de cinéma light, un cinéma de la sobriété qui aurait plutôt tendance désormais à faire du mal aux productions indépendantes s'enfermant dans une recette autant que le grand ennemi Hollywoodien.
Ainsi, la caractérisation des personnages fait d'abord peur, de l'ado rebelle mutique au père winner, on devine facilement où les auteurs Jonathan Dayton et Valérie Faris veulent nous emmener. Néanmoins, l'attaque du film est franche et efficace dans une mise en scène rythmée en musique, comme pour se débarrasser rapidement de ces présentations aux clichés trop écrits. Malheureusement, ce sera le procédé le plus intéressant d'une réalisation on ne peut plus pauvre.
Après un repas aux dialogues crus qui souffre tout de même de la comparaison avec des séries telles que Weeds ou Desperate Housewives (on ne sait plus bien où se trouve la différence désormais entre cinéma et télé, à part le format), Little Miss Sunshine entre enfin dans le vif du sujet, c'est-à-dire le voyage de cette petite famille et leur parcours pour s'accepter les uns les autres autour d'une craquante petite gamine.
Steve Carell a beau être irrésistible en 2ème expert américain de Proust suicidaire et la petite Abigail Breslin jouer avec un naturel confondant, la partie road-movie s'avère décevante car ne multipliant pas assez les obstacles. On retiendra surtout un problème au démarrage qui fournit une métaphore jolie mais un peu poussive, et un évènement dramatique qui, c'est bien connu, resserrera les liens familiaux.
Comme avec le film australien Muriel, Little Miss Sunshine joue la confrontation avec des clichés encore plus énormes lors du bouquet final au concours de miss. Il faut voir ces poupées barbies et la mégère insupportable qui leur sert de Madame de Fontenay (encore pire que l'original, si si) pour le croire, le spectateur étant encore plus bouche bée d'horreur que les protagonistes. Et pourtant ça marche, la scène de danse de la petite Olive déjoue les attentes et restera gravée dans la tête du spectateur le plus blasé.
Le film est bien écrit mais demeure trop léger pour convaincre totalement, que ce soit par ses dialogues ou son côté road-movie. Cependant, le concours de miss final emporte le morceau avec enthousiasme et sauve le film d'une formule dans laquelle il avait tendance à s'enfermer.


