Batman begins

Batman begins




30 mai. 2005 Par Damien Vinjgaard Star Rating 7

 

Vincent Julé

À part cette lumière si caractéristique, la patte de Christopher Nolan ne saute pas aux yeux à chaque plan de Batman Begins, comme cela pouvait être le cas sur Memento ou Insomnia. Pourtant, les adjectifs manquent pour qualifier son travail. Il effectue en effet un véritable exercice d'équilibriste entre le matériel d'origine, les exigences du studio, les frustrations des fans et surtout sa propre vision. Le tour de force est qu'il le fait avec une cohérence et une fluidité déconcertantes, sans oublier l'essentiel : un enthousiasme communicatif. Ainsi, le scénario co-écrit avec David S. Goyer, à la densité effrayante, devient une véritable mine d'or.

Le rythme de la première partie en déstabilisera plus d'un. Elliptique, montée court, elle prend en effet des allures de longue bande annonce, de film dans le film. Mais cette apparente précipitation trouve écho et justification dès l'arrivée à Gotham. En effet, chaque choix du héros et du réalisateur trouve à la fois une résonance et un épanouissement. Sorte de rampe de lancement, cette heure (sur 2h20) permet au film et à la chauve-souris humaine de prendre leur envol.

Avec cet énième retour aux origines d'un super héros, le risque était bien sûr de rendre ce dernier trop humain, au détriment de la figure fantasmagorique qu'il devient la nuit. Sauf que la problématique n'est plus la même que dans les précédents Batman. Le spectateur suit la transformation de Bruce Wayne dans les moindres détails, psychologique ou physique : le deuil de son père, la maîtrise de sa peur, le choix du costume, des armes. Le manichéisme a laissé place à une palette plus subtile. Les apparitions de la bête ou de sa Batmobile deviennent même de grands moments de jubilation collective – esprit de la pop culture, es-tu là ?

Christian Bale épouse d'ailleurs chaque nuance de son personnage multiple, de l'éternel adolescent à la créature grotesque en passant par le mondain vaniteux. Après un Micheal Keaton effacé, un Val Kilmer fadasse et un George Clooney ridicule, Batman a enfin trouvé son… ses vrais visages. Et les autres acteurs ne sont pas en reste. Michael Caine fait des merveilles en Alfred (on oublie en une seconde le précédent), Gary Oldman est plus caméléon que jamais en inspecteur Gordon, et Morgan Freeman respire une modestie rafraîchissante. Il est rare de voir autant de têtes d'affiche ne tirant pas la couverture vers soi. Leur alchimie n'en est alors que plus grande.

Le champ lexical de la « grandeur » a souvent été utilisé dans cette critique, tout simplement parce que Batman Begins est un grand, très grand film.

Note : 9/10

Damien Vinjgaard

Pour son entrée dans le nouveau millénaire, Batman endosse un nouveau costume cinématographique, celui de Bruce Wayne. Après deux épisodes grandioses dirigés par Tim Burton, le super-héros avait été laissé pour mort après ses deux combats pour la maîtrise du dance floor gothamien chez Joel Schumacher. Huit ans plus tard, le voilà de retour plus jeune que jamais.
À la lecture du résumé de l'histoire et dès les intentions du réalisateur connu, il semble évident que le justicier nocturne a bu à la même source de jouvence que ses comparses : l'Incassable de M. Night Shyamalan, auquel Batman Begins, plus que tout autre, doit sa raison d'être. Par son approche réaliste et pragmatique de la naissance d'un héros, aussi faux soit-il, le réalisateur du Village avait dessiné un nouveau périmètre dans lequel inscrire les aventures diverses des super-héros. Bien que leurs péripéties soient magnifiées par les effets spéciaux, Spider-man ou Hulk devaient le renouveau de leurs mythologies à l'approche réaliste et psychologique du petit maître. Pour son retour dans les salles obscures, Batman emprunte ce même sentier des origines et narre la transformation d'un homme en mite…pardon, mythe, c'est l'homme araignée qui m'a troublé. Sûrement parce qu'il racontait les premiers pas de Batman à Gotham, Batman Year One écrit par Frank « Sin City » Miller et David Mazzucchelli fut un temps envisagé pour être adapté. Etrangement, David Goyer (Blade 3) ne tombe pas très loin du comic book avec son scénario. Moins dans la trame narrative ou dans les personnages utilisés que dans l'ambiance d'une cité rongée par le crime, similaire au New York des années 70, et dans lequel Bruce Wayne doit affronter ses démons et ses ennemis (on remarquera à ce propos, les multiples bagarres avec des petits voyous dans des ruelles humides ou près d'échelles incendies, très proche de la BD). Exit la naissance du méchant Double Face et place à la folie mégalomaniaque de Ra's Al Guhl et à celle tout court de L'Épouvantail. De toute façon, les ennemis de Batman sont interchangeables puisqu'ils sont tous des doubles du super-héros.
Mais en fouillant le mythe, Batman Begins s'attarde moins sur l'armure que sur la peau. Ouvrant son film sur une prison chinoise, Christopher Nolan désarçonne le spectateur et le fan qui ne trouvera le justicier dans aucun bol de riz. Loin de Gotham, cette entrée en matière préfigure les intentions du cinéaste : raconter la mutation d'un homme en héros. Batman n'est pendant longtemps qu'un rêve lointain qui se dessine au fur et à mesure que Bruce Wayne élabore ses intentions. Habitué aux décors naturels froids (voir Insomnia), Nolan sublime les paysages froids et beaux. L'entraînement du jeune homme auprès du maître zen Ra's Al Ghul dans les décors sublimes d'un temple niché dans les montagnes tibétaines est un superbe moment quoique finalement assez court. Le réalisateur surfe avec sa caméra fluide sur ce terrain magnifique des souffrances du jeune homme. Son style limpide, ses mouvements moelleux et son penchant pour le lyrisme illustre parfaitement l'état de Bruce Wayne (magnifiquement campé par Christian Bale, le meilleur interprète, et de loin, du milliardaire à l'écran). Grâce au récit de David Goyer qui explore tous les aspects de sa psychologie (son besoin de rapport filial, sa soif de vengeance doublée d'une incapacité à tuer), Christopher Nolan redonne une épaisseur inattendue à l'orphelin au détriment toutefois du héros.
Car lancé dans cette approche hyperréaliste, Nolan peine à organiser la rencontre avec le mythe. Contrairement aux autres Batman qui embrassent le costume dès le départ, l'auteur de Memento développe une accession plus concrète et forcément moins impressionnante. Trop appliqué à rendre cristallin tous les recoins du héros, il en oublie de le sublimer comme il se doit. Même s'il est plaisant de voir un cinéaste disséquer un super-héros, on aurait préféré qu'il le maintienne en vie un peu plus. En expliquant tout de A à Z, Batman perd ses zones d‘ombre et devient aussi intéressant qu'un tour de magie dont on connaît le truc. De plus comme le « Cape Crusader » n'a pas de super pouvoir, sa rationalisation lui fait perdre de sa superbe. Spider-Man devient plus proche en étant réaliste car sa dimension mythique est attenante à sa mutation, Hulk de même. Mais Batman, en étant un homme qui enfile un costume, paraît quelque peu ridicule aux yeux du spectateur. Il n'a aucune dimension mythique. D'autant que Nolan laisse complètement de côté son style visuel lyrique développé dans les scènes intimistes alors même qu'il en aurait eu besoin pour magnifier le héros. Les combats dans une ambiance de Gotham gangstérisée par les mafieux et les criminels en col blanc, sont brutaux et secs mais finalement rarement épiques (en fait seulement à la fin lors d'une course poursuite derrière un métro aérien). Il n'y a presque pas de chorégraphies et on ressent comme une frustration à ne voir rien de plus qu'un riche milicien claquer des malfrats cradingues dans des ruelles jaunies.

Pris entre le plaisir de découvrir enfin un personnage avec une réelle épaisseur et la déception de voir que le super-héros sera présent plutôt dans les séquelles, Batman Begins a l'allure d'un rêve, d'une promesse d'un film meilleur à venir. D'ailleurs, le montage comprimé de Christopher Nolan qui nivelle toute oscillation dramatique et suspension lyrique, donne finalement cette impression d'avoir assisté à la plus onéreuse et la plus longue des bandes-annonces. Où est la saga ?

Note : 6/10



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“Batman begins” prend le parti de s’affranchir de toute direction artistique “Gothic Cartoonist” des épisodes signés Tim Burton, autant que de l’ambiance “Swinging Psychedelic Gay” des épisodes signés Joel Schumacher (directement héritée des comics de Bob Kane et de la série TV des années 60). Christopher Nolan se réapproprie ainsi la genèse du Dark Knight, [...]

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Steven Senegal01/09/2010 13:31 par Steven Senegal

[SIZE=5]YEAH ! IN BATMAN RETURNS WE TRUST ! :suomi: [SIZE=3]So say we all ! :jaimz: [SIZE=1]Et là, Vasteels me tombe sur le râble pour me dire que ça n’a rien à voir…. :minerien: [SIZE=1]…mais je m’en tape. :D J’ai bien fait de passer :hinhin: Entre begins et Returns, c’est clair que Returns l’emporte largement ! Par [...] LIRE LA SUITE
FinnegansWake31/08/2010 20:05 par FinnegansWake

Rétrospectivement, même, et surtout, la série TV de Timm et Radomski est plus pertinente et efficace que les films de Nolan (trop péteux et verbeux, malheureusement, malgré quelques très bons moments). D’ailleurs suffit de comparer avec le jeu Batman Arkham Asylum, très réussi à mes yeux dans le rendu de l’univers [...] LIRE LA SUITE
Julien Foussereau31/08/2010 19:53 par Julien Foussereau

[SIZE=5]YEAH ! IN BATMAN RETURNS WE TRUST ! :suomi: [SIZE=5] [SIZE=3]So say we all ! :jaimz: [SIZE=3] [SIZE=1]Et là, Vasteels me tombe sur le râble pour me dire que ça n’a rien à voir…. :minerien: [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1] [SIZE=1]…mais je m’en tape. :D LIRE LA SUITE

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