Zombie

Dawn of the dead, Italie, États-Unis, 1978

Zombie
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Critique

Sandy GilletSandy Gillet 28 sep. 2004 Star Rating 9

Tout a été dit ou presque sur le cinquième film de Romero, opus central de la fameuse trilogie des morts-vivants. Nombre d'exégètes se sont penchés sur l'extra lucidité d'une œuvre visionnaire, considérée à juste titre comme un brûlot pamphlétaire à l'encontre de la société américaine devenue ultra consumériste. D'autres y ont vu et y voit encore le meilleur film gore de tous les temps, adoubant ainsi à jamais le grand et talentueux Tom Savini dont la réputation n'est plus à faire aujourd'hui. Enfin, les historiens du cinéma l'assimilent au maillon manquant entre les films de monstres des années cinquante (les fameux « matinees movies ») et la dégénérescence géniale du genre à mi-chemin entre le « giallo » et le « slasher ».

De fait, Zombie est tout cela à la fois, à savoir une œuvre énorme qui n'en finit pas de faire parler d'elle, de provoquer moults remakes, de soulever le cœur de celui qui le découvrirait pour la première fois (ah, le veinard !), bref, de tout simplement fasciner de la première à la énième vision. C'est que Dawn of the dead fait peur, très peur. En analysant le comportement d'une société, habituée au confort et à la propriété, devant faire face à l'inconnu, Romero nous jette en effet à la figure son sentiment teinté de pessimisme lucide sur cette humanité repliée sur elle-même, nous renvoyant in fine face à nos responsabilités et à la vacuité de nos existences.

Une inexorabilité du discours qui nous amène au cœur même du film quant à son intemporalité, dont la source n'est autre que la fascination que nous portons à l'égard de la mort accompagnée de son cortège de doutes et de certitudes. Et voir ces hordes de zombies, toujours plus nombreux, envahir le monde des vivants pour faire de leur existence un purgatoire, a aussi, avec les différentes visions, ce côté jouissif de la répétition hypnotique morbide, propre à ces œuvres évolutives dans le temps. Ici, il n'est plus question de comprendre, comme dans le premier épisode, ni même de survivre, mais bien de mourir avec comme unique alternative la possibilité de revenir hanter sa propre existence. La boucle infernale est donc bien bouclée.

Inlassablement donc, Zombie diffuse son credo et amplifie le malaise que le temps enrichit par une réflexion sur la pérennité de l'œuvre, ce qui, pour l'auteur de ces lignes, ramène immanquablement à l'essence même de notre amour du cinéma .

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