Margaret

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23 aoû. 2012 Par Sandy Gillet Star Rating 1

 

Quelques informations utiles pour commencer. Margaret est un film qui a été tourné en 2005. Son accouchement difficile dans les salles (2011 aux States et 2012 en France donc) vient d'un contentieux entre le réalisateur et Fox Searchlight Pictures qui n'étaient pas d'accord sur la durée du film. Bloquée apparemment par contrat à 2h30, Kenneth Lonergan s'était vu poussé des ailes en proposant un montage qui dépassait les 3h30 (sic !). Il faut croire que les deux parties après moult procès sont arrivées à trouver un modus operandi puisque si le film est présenté en salle dans sa version « courte » de 2h30, le réalisateur a obtenu la possibilité de proposer un deuxième montage plus long en vidéo. Précisons que l'auteur de ces lignes n'était absolument pas au courant de tout cela au moment de découvrir le film bien installé dans son canapé, télécommande à la main pour déclencher le Blu-ray acquis à grand frais depuis un site de commerce outre-Atlantique (si si on vous l'assure). C'est que la Fox n'a pas daigné assurer la promotion du film ce qui en France s'est traduit par un black out complet allant jusqu'à la non organisation de projections de presse (ce qu'il ne faut pas faire pour vous informer).

C'est donc innocemment que nous avons zappé cette alternative plus longue qui devait être quelque part cachée dans les méandres de l'interactivité de la galette. Une « bévue » salvatrice au final tant Margaret sur 150 minutes cela ne se regarde pas, cela se subit. Margaret c'est Anna Paquin à l'écran qui à l'époque n'était pas la star internationale qu'elle est aujourd'hui ; la série True Blood étant passée en effet par là depuis. Et Anna Paquin de jouer le rôle d'une ado hystérique que l'on a envi de gifler dès la dixième seconde. Une « performance » outrée qui en soi ne serait pas gênante sauf qu'à l'évidence le réalisateur s'est tellement entiché de ce personnage qu'il en imprègne le métrage dans les moindres recoins pour en faire un objet filmique on ne peu plus détestable. Mais même ici, on peut encore affirmer qu'il s'agit là d'un parti pris que l'on peut rejeter, mais qui ne peut être objectivement rédhibitoire.  

Certes. Alors passons à l'histoire (synthétique parce que sinon on y est encore demain). Une ado donc, provoque la mort d'un piéton en déconcentrant un chauffeur de bus qui grille pour le coup un feu rouge. Attention aucune connotation sexuelle dans cette affaire (ce serait trop beau). Non, c'est plus trivial. Le personnage d'Anna Paquin est invité à une soirée costumée, décide de se trouver une panoplie de « redneck » (l'action se passe à NY), constate depuis la rue qu'un chauffeur de bus porte un stetson qui lui plaît, lui demande en beuglant à travers les portes fermées alors que le bus démarre où il acheté cet ustensile qui devient pour elle indispensable. Lui n'entend bien entendu pas grand-chose... On aura compris la suite. On a passé la trentième minute. Reste ensuite deux heures où il sera question d'un faux témoignage (oui le chauffeur est bien passé au vert) afin de ne pas se retrouver impliqué, de remords, de dépucelage (mais rien à voir avec l'érotisme torride de True Blood), de confrontations avec le chauffeur qui tournent au vinaigre, d'avoir un comportement horrible avec sa génitrice parce que tu ne comprends pas comment je souffre, de Jean Reno (si si) en homme d'affaire colombien (si si) qui drague sa mère forcément actrice sur les planches d'un théâtre de Broadway, d'un procès, de rédemption... Bref l'ordonnancement parfait de clichés en tous genres qui foutent la gerbe. Mais pour le réal « C'est le portrait minutieux de quelqu'un qui apprend à ses dépens qu'on ne peut pas dicter sa volonté au monde, car des millions d'autres personnes essaient de faire exactement la même chose au même moment que vous ».

Il nous est arrivé de fustiger un certain cinéma d'auteur français pour sa propension à cloisonner son regard sur les autres et d'en faire des stéréotypes désincarnés ou de formater sa mise en scène à des fins égocentriques puantes. Margaret leur damne tous le pion en repoussant encore plus loin la frontière du mauvais goût, de la suffisance et de l'autocongratulation sidérante. Et Kenneth Lonergan de conclure pour nous : « C'est une sorte d'épopée de l'adolescence, un opéra urbain documentaire bâti sur les détails, les frustrations et les obstacles du quotidien qui rendent la vie à la fois si complexe, si drôle et si douloureuse ».



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Star Rating 1
Alors il va falloir m’expliquer comment une merde pareille peut avoir les honneurs d’une sortie en salles ? Margaret symbolise en effet tout ce que le cinéma US dit auteurisant a de plus vil, vain et vide tant sur ses thématiques abordées que sur ses ambitions de cinéma ridiculement égotiques. Un fiasco d’une violence peu [...]


La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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