Riens du tout

Riens du tout

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12 nov. 2011 Par bEUDinet Star Rating 6

 

Dès le générique du premier long-métrage de Cédric Klapisch se fait entendre ce qui marquera la première partie de sa filmographie: une litanie de voix différentes formant une sorte de chorale involontaire. Film choral donc, où s'entrecroisent des personnages d'horizons et de caractères très différents, "Riens du tout" choisit logiquement comme théâtre les locaux d'un grand magasin parisien en proie à des difficultés financières et comme acteurs son hétéroclite personnel. Le hic avec "Riens du tout", c'est que l'on est parfois plus proche du brouhaha que de la polyphonie. Cédric Klapisch y place en effet un peu trop d'enthousiasme, multipliant les personnages et les situations, en abandonnant immanquablement un certain nombre sur le bord de la route.

Symptomatique du cinéma de Cédric Klapisch, cette introduction mêle les qualités de son œuvre (cinéma social avec un grand sens de l'observation, comédie du détail et du rythme évoquant Jacques Tati) mais aussi ses défauts (un côté dilettante agaçant, une tendance au surlignage qui lui jouera des tours) et le cinéaste y aiguise par la même occasion son sens politique dans un dénouement ne prenant pas la forme d'un happy end pour le grand magasin.
La fraternité imposée bride-t-elle notre liberté? Cette question digne du bac de philosophie apparait peu à peu en sous-texte à mesure de l'application des nouvelle règles de management du directeur, voulant transformer des individualités disparates en une équipe soudée et efficace à grand coup de cours de sourire et autres weekend aventure.
Ces fameux "petits riens" qui font un grand tout.
Fabrice Lucchini est d'ailleurs savoureux, incarnant avec subtilité et sobriété ce rôle de directeur habile. A ses côtés, il est bien difficile de retenir une interprétation tant les rôles sont parfois étriqués. Tout juste retiendra-t-on que Jean-Pierre Darroussin est resté bloqué sur "Mes meilleurs copains" et que le tandem Pierre-Olivier Mornas-Nathalie Richard est un peu en retrait.

"Riens du tout", c'est avant tout la contradiction d'une entreprise cherchant l'unité quand notre société prône l'individualisme. Klapisch souligne ce paradoxe -de façon un petit peu trop lourde, encore une fois- en faisant participer les salariés à un marathon, effort solitaire par excellence, ou en les unissant dans une chorale sur le thème de "Moi, c'est moi. Toi, t'es toi" (ou tais-toi?).
Une ambiguïté finale apportant un peu plus de richesse à une première œuvre dense, enthousiaste mais brouillonne.


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

Riens du tout

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