La Mauvaise éducation
Mala EducacÃon (La)- PAYS :Espagne
- ANNÉE DE PRODUCTION :2004
- DATE DE SORTIE :12 mai 2004
- GENRE :Drame
- DURÉE :110 MIN
- REALISATEUR : Pedro Almodóvar
- ACTEURS :LluÃs Homar, Daniel Gimenez Cacho, Fele MartÃnez, Javier Camara, Gael GarcÃa Bernal
- BUDGET : 8 500 000 euros
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel
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Pedro Almodóvar ne s'endort pas sur ses lauriers. Ses précédents films (Tout sur ma Mère, Parle avec Elle), mélos magnifiques, ont été des succès unanimement loués par la critique internationale et plébiscités par les spectateurs ? On aurait pu croire, suite à ça, que le señor Pedro allait se contenter de creuser le filon d'un cinéma plus consensuel, moins provoc' (bien qu'abordant par la bande des thèmes pas piqués des hannetons, souvenez-vous quand même de Parle avec elle) et enchaîner les mélos, genre qu'il maîtrise à la perfection (et est même l'un des rares à maîtriser avec autant d'aisance).
Si vous l'attendiez sur ce terrain, mordez-vous les doigts : vous avez perdu. Car il revient en force, avec un film noir et intransigeant, qui ne cherche en aucun cas à se mettre le public dans la poche. Et c'est tout à son honneur.
Et quand Almodóvar fait un film noir, il ne le fait pas à moitié et en respecte tous les codes. Un enquêteur-réalisateur dans le rôle du privé habituel, une sombre histoire d'amour, de désir et de fausse identité, une diva fatale, un meurtre machiavélique, une intrigue à tiroir, la fiction et la réalité qui s'entremêlentÂ… Tout est là . A commencer, d'ailleurs, par un superbe générique de début en noir et blanc teinté de rouge sang, sur une musique aux accents hitchcockiens. A partir de là , tout s'enchaîne et le héros-réalisateur (Fele MartÃnez) est entraîné malgré lui dans une bien sombre histoire Â…
Malgré tout, et c'est la force de ce film, Almodóvar, tout réalisateur de film noir qu'il soit, n'en reste pas moins Almodóvar. Et, du coup, au lieu du Los Angeles de années 40, on est dans l'Espagne de la Movida. Rita Hayworth est remplacée par des travestis imitateurs de Sara Montiel, et en lieu et place d'Ava Gardner ou de Lauren Bacall, dans le rôle de la femme fatale, on a l'extraordinaire Gael GarcÃa Bernal. Véritable ange noir d'Almodóvar, il est absolument saisissant dans un rôle aux multiples facettes et sera, assurément, le prochain comédien auquel Almodóvar aura assuré une rampe de lancement internationale (à l'image d'un Antonio Banderas plus en finesse). On peut ajouter à cette liste (non exhaustive) les obsessions habituelles du cinéaste (l'identité – sexuelle ou tout court - , le désir, etc.). Et, aussi, une audace qu'on ne peut que saluer dans le traitement : en abordant de front le thème (vous l'aurez lu partout) de la pédophilie dans les institutions religieuses des années 60 avec finesse et sobriété, sans hypocrisie ni manichéisme, et surtout sans en faire le sujet central de son film (un peu comme la nécrophilie de Parle avec elle), Almodóvar prouve qu'il n'a pas sacrifié son honnêteté aux sirènes du box-office.
Alors bien sûr, certains regretteront l'émotion omniprésente qui dégoulinait de ses derniers opus (je défie quiconque de visionner Tout sur ma mère sans épuiser 3 paquets de Kleenex, minimum) : La Mauvaise Education, en dépit des sujets difficiles qu'elle aborde, n'a pas pour but de nous tirer des larmes, on est loin du mélo. Contrairement à ses derniers films, Almodóvar fait ici davantage appel au cerveau qu'au cœur. Mais il le fait avec un brio remarquable, et prouve une fois encore que sa réputation de cinéaste dont les films reposent uniquement sur les personnages et les scénarios est erronée.
C'est ici d'autant plus flagrant que, film noir oblige, il allège un peu son imagerie kitsch habituelle : on se rend compte, du coup, que son talent et son univers sont loin de ne tenir que dans celle-ci. Almodóvar est un virtuose de la caméra et n'a pas son pareil pour filmer les « obscurs objets du désir », et les âmes rongées par le doute et le remords (pour s'en convaincre, voir le formidable travail de Daniel Giménez Cacho, tragique père Manolo dont les faiblesses criminelles sont condamnées avec compassion par la caméra du cinéaste).
Pour toutes ces raisons, et parce qu'Almodóvar sera toujours Almodóvar en dépit du succès et/ou de la polémique qu'il suscite, dépêchez vous de voir La Mauvaise Education.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!05/09/2004 01:00 par La RédactionMauvaise éducation (La)Vous pouvez discuter ici du film Mauvaise éducation (La).
Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-39.php
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